Prise de position du cardinal Tumi
Vienne, 18décembre(APIC) Ce ne sont pas seulement les Européens, mais
aussi les Africains qui doivent répondre de la traite de noirs durant les
siècles passés. C’est ce qu’a déclaré récemment à Vienne le cardinal Christian Wiyghan Tumi, président du Conseil épiscopal africain et de Madagascar. "Je crois que les Africains doivent aussi demander pardon", a-t-il
précisé.
Ce sont des Africains qui ont vendus leurs frères et leurs soeurs aux
marchands d’escalves européens. "Des chefs de tribu en ont vendu pour une
bouteille de Whisky". Pour le cardinal camerounais, "la faute ne revient
pas seulement aux acheteurs, mais aussi aux vendeurs".
Le cardinal Tumi, qui a participé à la 4e Assemblée générale de
l’épiscopat latino-américain à St-Domingue, s’est dit profondément ému de
la célébration de la réconciliation lors de la rencontre. Les évêques, les
Indiens, les Afro-américains ont réfléchi sur tous les événement négatifs
qui se sont passés en Amérique latine et ont célébré ensemble le pardon.
Impression positive de St-Domingue
Le cardinal garde une impression positive de la rencontre. Il n’a pas
l’impression que les participants se soient trouvés sous la pression du Vatican. "La curie a peut-être cherché à prendre de l’influence sur certains
points, ça je ne le sais pas. Les évêques étaient visiblement totalement
libres." Ils ont modifié ou rejeté des propositions et cela bien que le
cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican, fît partie de la direction de la Conférence. "Ils ont également de temps en temps refusé des
documents dont ils ne voulaient pas et qui ont été réécrits. Finalement,
ils ont voté." Selon lui, "chaque document publié à St-Domingue est le
fruit des évêques latino-américains".
Le document final a été écrit deux fois, explique l’archevêque de Douala. La première version a été rejetée par les évêques qui ne la trouvaient
pas assez forte.
L’option pour les pauvres en Afrique aussi
Les évêques latino-américains ont exprimé leur volonté de maintenir
l’option pour les pauvres. En Afrique aussi, cette option fait partie de la
vie de l’Eglise, souligne le cardinal Tumi. "L’Eglise doit être du côté des
pauvres pour les protéger, et partager avec eux le peu de choses à disposition. A St-Dominge, la théologie de la libération est restée un peu de côté. Le fait est que "toute vraie théologie libère". La théologie de la libération ne touche pas très fortement l’Afrique car "en tant que science,
elle a ses propres principes et ne peut résoudre les problèmes que d’après
ceux-là." "Notre défi en Afrique est l’inculturation", conclut le cardinal.
(apic/kpr/mp)