"Nous voulions être sûrs que le succès des premières assises en 1996 (250 personnes prévues, 500 accueillies) n’était pas une hirondelle sans lendemain. Cette année, 600 personnes nous ont rejoints, dont la moitié de Lille et de la région Nord-pas-de-Calais ainsi que nombre de Belges," explique Jean-Paul Guetny Les diverses confessions religieuses étaient bien représentées. Il y avait là outre chrétiens, juifs et musulmans, des baha’ai, des sikks, des hindous, des bouddhistes. La plupart des participants pratiquent un dialogue bilatéral (judéo-chrétien, islamo-chrétien, etc.) Les Assises interreligieuses permettent une ouverture sur le dialogue multilatéral. Ce n’est pas négligeable.
La présence d’André Comte-Sponville, philosophe athée, convié pour faire le fil rouge des débats, a été très enrichissante, souligne Jean-Paul Guetny. Il a montré la grande parenté des préoccupations sociales entre croyants et incroyants. Le philosophe a par ailleurs souligné l’intérêt qu’il voit dans les religions monothéistes : parce qu’elles soulignent avec force la transcendance de Dieu, on ne peut pas mettre la main dessus.
8000 km à pied pour visiter les villes religieuses des diverses religions
Un autre point fort fut le témoignage captivant, diapositives à l’appui, d’un jeune musulman qui a raconté son voyage de 8000 km courus à pied à travers de grandes villes religieuses : Lourdes, Rome, Jérusalem, La Mecque, Bénarès, Lhassa. Il relatera cette expérience dans un livre à paraître bientôt.
Les ateliers thématiques ont également bien fonctionné. Ainsi l’atelier "secte et intégrisme", auquel participait un scientologue et des sociologues des religions, a donné lieu à de vifs échanges. "Comme en 1996, nous avons ressenti une forte requête à l’égard du dialogue spirituel, relève J.P. Guetny. Les gens manifestent le désir d’établir des liens plus étroits entre groupes de dialogue interreligieux. Mais ces Assises demandent un travail tel que nous nous gardons bien de fixer dès aujourd’hui une prochaine échéance." Le pasteur Jacques Stewart, président de la section française de la Conférence mondiale des religions pour la paix, suggère que des comités de dialogue interreligieux se créent dans les grandes villes. Ce qui nous faciliterait grandement la tâche. "Nous ne cherchons aucunement à devenir une superstructure se substituant aux associations existantes. Notre objectif est de sensibiliser l’opinion publique au fait que le religieux n’est pas que fanatique. Et, plus fondamentalement, de développer une culture de tolérance et de paix", conclut Jean-Paul Guetny. (apic/jcn/mp)