Par un motu proprio – à caractère de loi au Vatican – rendu public le 26 novembre 2025, Léon XIV abroge à nouveau une réforme de François, qui concerne le diocèse de Rome: il restaure le «secteur centre», supprimé en 2024. La décision du pontife argentin avait été critiquée par les prêtres du diocèse pour son manque de concertation et de cohérence pastorale.
En octobre 2024, le pape François avait établi dans son motu proprio La vera bellezza «que les cinq préfectures du secteur ‘Centre’ soient incluses dans d’autres secteurs». Il avait réduit l’organisation territoriale de Rome: le diocèse du pape n’était plus constitué depuis lors de cinq secteurs mais de quatre. Les 35 paroisses du centre étaient découpées pour être insérées dans les secteurs Nord, Sud, Est, Ouest.
Un an plus tard, Léon XIV dispose que le centre soit reformé avec ses préfectures, et que le diocèse retrouve ses cinq secteurs initiaux. Le pape argue que la décision de son prédécesseur était motivée surtout par l’Année jubilaire 2025 qui est sur le point de s’achever. Il estime que ce jubilé a finalement souligné au contraire la «spécificité», «l’homogénéité» et «l’unité» du secteur centre, en faisant un motif d’annuler cette réforme.
Un «retour à la rationalité»
François avait expliqué modifier les structures du centre pour des motifs pastoraux, afin de le relier à la périphérie. Le pontife craignait l’isolement de ce territoire marqué par une forte présence touristique et souhaitait insister sur une attention particulière aux plus pauvres. Mais son texte avait été reçu avec surprise par les prêtres romains.
«Cette réforme avait été faite d’une façon unilatérale et beaucoup avaient souligné son incongruence», souffle à l’agence I.MEDIA une source romaine, saluant un «retour à la rationalité». Le pape François portait «une vue pastorale» mais sa restructuration était «très artificielle par rapport à la réalité», estime ce prêtre. II souligne que le centre de Rome représente «une entité particulière, pour des motifs historiques et en raison de la présence du Vatican». À noter que Léon XIV est aussi un ancien membre de l’ordre de Saint-Augustin, qui administre trois paroisses dans le secteur centre de la capitale italienne.
Des réformes de François annulées
La même source note que s’il s’abstient de critiquer son prédécesseur, Léon XIV «se sent de plus en plus libre» après six mois de pontificat. Le nouveau pape a publié ces derniers temps plusieurs révisions concernant certaines mesures de François. Le 13 novembre, il a mis fin à l’autonomie dont bénéficiaient les organismes administrant les basiliques Saint-Pierre et Sainte-Marie-Majeure à Rome. Le 6 octobre, il a atténué la centralisation de la gestion des biens financiers du Vatican, dont avait bénéficié l’Institut pour les œuvres de religion (IOR) – la «banque» d’investissement du Vatican.
Canoniste de formation, le nouveau pape a aussi légalisé certaines initiatives de son prédécesseur. Le 21 novembre, il a ainsi ouvert la possibilité que des laïcs, religieux, prêtres et évêques puissent diriger la Commission pontificale pour l’État de la Cité du Vatican, et non seulement un cardinal. François avait nommé la religieuse Raffaella Petrini à ce poste sans pour autant changer la loi. Le 24 novembre, le pontife américano-péruvien a promulgué deux règlements pour encadrer le fonctionnement de la Curie romaine et son personnel en conformité avec les normes établies par la Constitution apostolique Praedicate Evangelium en 2022. (cath.ch/imedia/ak/rz)