Le pape Léon XIV a reçu le vice-président des États-Unis J.D. Vance dans la matinée du 19 mai 2025, annonce le Saint-Siège. Une rencontre marquée par le contexte des tractations pour la fin des conflits internationaux en cours, notamment en Ukraine.
Après avoir assisté à la messe d’inauguration du pontificat de Léon XIV, le 18 mai, le vice-président américain avait pu brièvement le saluer dans la basilique Saint-Pierre. Le matin du 19 mai, les deux hommes se sont retrouvés dans le Palais apostolique pour une audience qui aurait duré 45 minutes selon la Maison Blanche et dont le contenu n’a pas été dévoilé par les deux parties. La Maison Blanche a indiqué que le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait participé à une partie des échanges avec le pontife.
L’Ukraine probablement évoquée
J.D. Vance a ensuite été reçu par Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États. Leur entretien a porté sur «certaines questions particulièrement importantes pour la vie ecclésiale et la liberté religieuse», affirme le Saint-Siège. Les deux hommes ont également eu «un échange de vues» sur des questions d’actualité internationale, au cours duquel a été soulignée l’importance du respect «du droit humanitaire et du droit international dans les zones de conflit» et de la possibilité de trouver «une solution négociée entre les parties impliquées».
Aucun pays n’a été mentionné en particulier dans le communiqué, mais ces sujets font écho à l’appel à «des négociations pour une paix juste et durable» en Ukraine lancé par le pape Léon XIV à la fin de la messe la veille – négociations dans lesquelles l’administration Trump est particulièrement investie.
Réchauffement entre Vance et Zelensky
Hier, peu après la messe d’inauguration, le vice-président Vance a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans les jardins de la résidence de l’ambassadeur des États-Unis en Italie, peu après que ce dernier a été reçu par le pape Léon XIV. La rencontre entre Vance et Zelensky s’est apparemment déroulée dans une atmosphère plus cordiale que lors de leur précédente entrevue à la Maison Blanche. Le 28 février dernier, J.D. Vance, en présence du président Donald Trump, avait violemment critiqué l’attitude du chef d’État ukrainien devant les caméras.
08/05/2025
Le cardinal américain Robert Francis Prevost élu pape sous le nom de Léon XIV
Depuis la Loggia de la basilique Saint-Pierre de Rome, le cardinal Dominique Mamberti a annoncé l’élection du cardinal américain Robert Francis Prevost, le 8 mai 2025. Le 267e pape de l’histoire a pris le nom de Léon XIV.
Après cet épisode, le Saint-Siège a eu la possibilité de faciliter le rapprochement de l’Ukraine et des États-Unis le 26 avril dernier, lors des obsèques du pape François auxquels ont assisté les présidents des deux pays. En marge de la cérémonie dans la basilique Saint-Pierre, ils avaient alors pu s’entretenir face à face pour la première fois depuis l’altercation du 28 février.
J.D. Vance, un des derniers à avoir rencontré François
Absent lors des obsèques, J.D. Vance est le dernier homme politique à avoir été reçu en audience par le pape François, le 20 avril dernier, à la veille de la mort du 266e pape. Le pontife argentin avait accepté de rencontrer l’homme politique dans la résidence Sainte-Marthe pendant un très bref instant, peu de temps avant sa dernière apparition sur la place Saint-Pierre.
Tensions entre Vance et l’Église aux États-Unis
Le vice-président américain était venu passer quelques jours à Rome avec sa famille pour honorer des rendez-vous diplomatiques, mais aussi pour participer à la Semaine sainte. Converti au catholicisme en 2019 après avoir lu saint Augustin, J.D. Vance avait notamment assisté à l’office de la Passion dans la basilique Saint-Pierre le 18 avril. Le lendemain, il avait rencontré le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin, les deux hommes confrontant leurs points de vue sur les conflits en cours, le sort des migrants, ainsi que la place de l’Église catholique aux États-Unis.
Le début de mandat de J.D. Vance en janvier dernier avait été marqué par des tensions avec les évêques américains, le vice-président accusant ces derniers de soutenir les migrants illégaux pour obtenir des fonds fédéraux. Cette position avait provoqué une vive réaction du cardinal archevêque de New York Timothy Dolan, pourtant réputé proche de l’administration Trump, qui avait dénoncé des propos «calomnieux» et «méchants».
La controverse sur l’ordo amoris
Le vice-président avait ensuite justifié le désengagement de son gouvernement vis-à-vis des pays pauvres en invoquant le concept théologique d’ordo amoris — la hiérarchie de la charité — tiré de la pensée de saint Thomas d’Aquin: « Nous devons d’abord aimer notre famille, puis nos voisins, notre communauté, notre pays, et ensuite seulement prendre en compte les intérêts du reste du monde», avait-il affirmé.
Dans une lettre adressée en soutien aux évêques américains et rendue publique le 11 février dernier, le pape François s’était opposé frontalement à la politique migratoire de Donald Trump, dénonçant la mise en œuvre d’une idéologie qui «impose la volonté des plus forts comme critère de vérité». Il avait également répondu aux propos de J.D. Vance en déclarant que: «Le véritable ordo amoris à promouvoir est celui que nous découvrons en méditant constamment la parabole du Bon Samaritain, c’est-à-dire en méditant l’amour qui construit une fraternité ouverte à tous, sans exception.» Pendant cette période, le cardinal Robert Francis Prevost avait reposté plusieurs articles critiques vis-à-vis de J.D. Vance et de l’administration Trump sur son compte X — aujourd’hui supprimé et remplacé par les comptes officiels de Léon XIV.
Ne pas confondre le pape avec un «influenceur»
Quelques semaines plus tard, en mars, pendant la longue période d’hospitalisation de François, J.D. Vance avait participé à un temps de prière pour sa guérison. Lors de cette rencontre, il s’était dit «surpris» par la prise de position critique du pape argentin. Il avait cependant choisi d’apaiser les tensions, déclarant ne pas vouloir «se quereller» avec le pontife. Il avait aussi reconnu que le pape était «fondamentalement une personne qui se soucie du troupeau de chrétiens sous sa direction», tout en invitant à ne pas traiter sa parole comme celle d’un «influenceur». (cath.ch/imedia/cd/rz)