Par un motu proprio publié le 21 novembre 2025, le pape Léon XIV a donné une dimension légale formelle à la possibilité pour des laïcs de présider la Commission pontificale pour l’État de la Cité du Vatican. Jusqu’à présent seul un cardinal pouvait endosser cette charge.
Le pape Léon XIV a décrété que des laïcs, religieux, prêtres et évêques peuvent diriger la Commission pontificale pour l’État de la Cité du Vatican. En février, le pape François avait nommé la religieuse Raffaella Petrini présidente du Gouvernorat et de la Commission pontificale sans pour autant changer la loi.
En 2023, le pape François avait réformé la Loi fondamentale de l’État de la Cité du Vatican, en supprimant la tutelle qu’exerçait sur elle jusqu’alors la secrétairerie d’État. Il avait aussi significativement renforcé le pouvoir de la Commission pontificale du petit État – le pouvoir législatif – composée de cardinaux et « d’autres membres », et en lui adjoignant un « Collège de conseillers » qui pouvaient être aussi bien des laïcs que des clercs. Cependant, un article de cette nouvelle loi affirmait que le président de la Commission devait être un cardinal. Il n’avait pas été modifié par François, malgré la nomination de sœur Petrini le 15 février dernier.
Le pape Léon XIV a donc décidé de modifier la loi pour rendre conforme la nomination de l’Italienne et avaliser canoniquement la décision de son prédécesseur. Ce choix, explique le pape, est motivé par le principe synodal de «coresponsabilité dans la communion» — soit la volonté de favoriser une plus grande participation de tous les membres de l’Église, notamment des laïcs et des femmes.
Il vient aussi en réponse à « des besoins de gouvernance qui s’avèrent de plus en plus complexes et pressants ». Léon XIV se place dans la continuité de François, qui, durant son pontificat, avait procédé à la nomination de plusieurs laïcs et femmes à des hautes responsabilités de la Curie romaine, celle de sœur Petrini étant une des plus significatives.
Distinguer Saint Siège et Cité du Vatican
L’État de la Cité du Vatican et le Saint-Siège sont distincts. Créé en 1929 avec la signature des accords du Latran pour assurer une existence temporelle au Saint-Siège, l’État de la Cité du Vatican, grand de seulement 44 hectares, est une monarchie élective dirigée par le pape. Le pontife, en tant que souverain de l’État, « dispose de la plénitude du pouvoir gouvernemental, qui comprend les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ».
Cependant, le pape délègue son pouvoir exécutif à un président du Gouvernorat, son pouvoir législatif à la Commission pontificale pour l’État de la Cité du Vatican et le pouvoir judiciaire aux tribunaux de la Cité du Vatican. Depuis le 15 février, la religieuse italienne Raffaella Petrini est la présidente du Gouvernorat de la Cité du Vatican, une première à ce poste pour une personne non ordonnée. Le même jour, elle a aussi été nommée présidente de la Commission pontificale par François et cumule donc les fonctions exécutives et législatives. (cath.ch/imedia/cd/mp)