"Dans la nuit des conflits, vous êtes témoins de la lumière de l’Orient", a déclaré le pape Léon XIV aux responsables de la Réunion des œuvres d’aide aux Églises orientales (ROACO), qu’il a reçus au Vatican ce 26 juin 2025.
Dénonçant les violences qui frappent, avec une "véhémence diabolique jamais vue auparavant", les chrétiens d’Orient – notamment en Ukraine et au Proche-Orient –, le pontife a remercié chaleureusement tous ceux qui œuvrent pour les soutenir, financièrement comme spirituellement.
"Vous êtes la bouteille d’oxygène des Églises orientales, épuisées par les conflits", a déclaré le pape aux membres de la ROACO venus le rencontrer dans la salle Clémentine du Palais apostolique, au terme de leur assemblée plénière. Présidé par le préfet du dicastère pour les Églises orientales, le cardinal Claudio Gugerotti, ce comité créé en 2003 réunit les agences et œuvres de charité catholiques qui soutiennent les chrétiens en Orient (Europe de l’Est, Proche et Moyen-Orient, Inde et Corne de l’Afrique).
La situation tragique et inhumaine de Gaza
"Aujourd’hui, la violence belliqueuse semble s’abattre sur les territoires de l’Orient chrétien avec une véhémence diabolique jamais vue auparavant", a affirmé Léon XIV à ses hôtes, s’exprimant d’un ton calme qui tranchait avec l’indignation imprégnant tout son discours. Il y a évoqué le sort des chrétiens d’Ukraine et d’un Moyen-Orient "dévasté par la propagation de la guerre", mais aussi "la situation tragique et inhumaine de Gaza", ainsi que le récent attentat contre une Église orthodoxe en Syrie.
Le pape a plaidé pour mieux comprendre l’origine des conflits, enjoignant à rejeter les causes "fallacieuses, fruit de simulations émotionnelles et de rhétorique". "Les gens ne peuvent pas mourir à cause de fausses nouvelles", s’est-il indigné, ciblant en particulier la "rhétorique mensongère du réarmement".
"Les gens sont de moins en moins ignorants des sommes d’argent allant dans les poches des marchands de mort et qui pourraient servir à construire des hôpitaux et des écoles", a mis en garde le chef de l’Église catholique. Il a regretté qu’"au lieu de cela, on détruise ceux qui existent déjà".
La loi du plus fort est indigne de l’être humain
Léon XIV a aussi dénoncé avec force l’ascendant pris aujourd’hui par la "loi du plus fort, qui légitime les intérêts personnels" sur le droit humanitaire et le droit international. "Cela est indigne de l’homme, honteux pour l’humanité et pour les responsables des nations", a-t-il déclaré sans citer de pays en particulier. Et il s’est demandé comment on pouvait encore croire, "après des siècles d’histoire, que les actions belliqueuses apportent la paix et ne se retournent pas contre ceux qui les ont menées".
Plaidant pour "une vision d’ensemble animée du bien commun", l’évêque de Rome s’est fait le relais des "aspirations de paix" des peuples d’Orient contre "l’illusion vaine" de la suprématie. Il a encouragé tous ceux qui, pour leur venir en aide, choisissent de se "retrousser les manches", de faire des dons, mais aussi de "prier sincèrement".
S’imprégner du témoignage de l’Orient
Le pontife a ensuite rendu hommage à ceux qui restent "fidèles à Jésus, sans se faire prendre dans les tentacules du pouvoir" dans un "océan de corruption". "Dans la nuit des conflits, vous êtes témoins de la lumière de l’Orient", a affirmé Léon XIV, saluant le courage de ceux qui, "souvent dans l’ombre" et parfois jusqu’au martyre, font "fleurir aussi les germes de l’Évangile dans le désert".
Le pape a enfin exprimé le souhait que l’Occident se laisse imprégner par le témoignage de leur sacrifice. Sont aussi source d’inspiration, selon lui, "la grâce et la beauté des traditions orientales, des liturgies qui laissent Dieu habiter le temps et l’espace, des chants séculaires imprégnés de louange, de gloire et de mystère", ces "trésors" que portent avec eux les chrétiens d’Orient en exil. "Leur sens du sacré, leur foi cristalline, rendue solide par les épreuves, et leur spiritualité qui embaume du mystère divin peuvent apaiser la soif de Dieu latente mais présente en Occident", a-t-il insisté. (cath.ch/imedia/cd/mp)