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    Pape-FAO-2025

    Léon XIV: La persistance de la faim est un échec collectif

    «Le silence de ceux qui meurent de faim crie à la conscience de tous, même s’il est souvent ignoré, étouffé ou déformé», s’est élevé Léon XIV en visitant le 16 octobre 2025 le siège de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’Agriculture et l’alimentation) à Rome, à l’occasion de la journée mondiale de l’alimentation.

    Cette première visite du pape Léon XIV dans une institution internationale, organisée dans le contexte du sommet alimentaire mondial et du 80e anniversaire de la FAO, a donné l’occasion au nouveau pontife de rappeler l’engagement du Saint-Siège en faveur du multilatéralisme.

    Léon XIV, qui s’est exprimé en espagnol et en anglais, a invité à une mobilisation transversale de toutes les institutions pour l’accès de tous à l’alimentation. Pour le pontife, cette prise de conscience est nécessaire pour maintenir «vive la confiance que, si l’on triomphe de la faim, la paix sera le terreau fertile duquel naîtra le bien commun de toutes les nations ».

    «À 80 ans de la fondation de la FAO, notre conscience doit une fois de plus nous interroger face au drame, toujours actuel, de la faim et de la malnutrition » , a répété Léon XIV, dans la continuité de nombreuses interventions de son prédécesseur François sur ce thème de l’alimentation. Faisant allusion aux objectifs du programme «Faim Zéro» inclus dans l’Agenda 2030 des Nations unies, le pape a martelé que cela «ne sera possible que s’il y a une volonté réelle, et non seulement des déclarations solennelles».

    673 millions de ventres vides

    «Il est nécessaire, et profondément triste, de mentionner que, malgré les progrès technologiques, scientifiques et productifs, 673 millions de personnes dans le monde se couchent affamées», a averti Léon XIV, mentionnant aussi les 2,3 milliards de personnes qui «ne peuvent pas se permettre une alimentation adéquate d’un point de vue nutritionnel».

    «Ce ne sont pas des chiffres que l’on peut considérer comme de simples statistiques: derrière chacun de ces nombres, il y a une vie brisée, une communauté vulnérable; il y a des mères qui ne peuvent pas nourrir leurs enfants», s’est-il alarmé.

    La dénonciation d’une « économie sans âme »

    Le pape a vu dans cette sous-alimentation de millions d’enfants «le signe évident d’une insensibilité généralisée, d’une économie sans âme, d’un modèle de développement questionnable et d’un système de distribution des ressources injuste et insoutenable».

    « À une époque où la science a prolongé l’espérance de vie, où la technologie a rapproché les continents et où le savoir a ouvert des horizons auparavant inimaginables, permettre que des millions d’êtres humains vivent — et meurent — frappés par la faim est un échec collectif, un égarement éthique, une faute historique », s’est-il insurgé.

    L'arme de la faim

    Le pape a particulièrement dénoncé « l’usage des aliments comme arme de guerre». «Nous sommes, avec douleur, témoins de l’usage continu de cette stratégie cruelle qui condamne hommes, femmes et enfants à la faim, leur niant le droit le plus élémentaire: le droit à la vie», s’est élevé Léon XIV dans une allusion transparente à la famine à Gaza.

    «La faim est ainsi un cri qui monte vers le ciel et qui exige la réponse rapide de chaque nation, de chaque organisation internationale, de chaque instance régionale, locale ou privée», a insisté le pape, dénonçant des «paradoxes outrageants», notamment le gaspillage alimentaire et les inégalités.

    «Comment ne pas arrêter immédiatement les guerres qui détruisent les champs avant les villes, arrivant même à des scènes indignes de la condition humaine, où la vie des personnes, et surtout des enfants, au lieu d’être protégée, s’éteint alors qu’ils cherchent de la nourriture avec la peau collée sur les os?», s’est-il attristé. «Le monde ne peut continuer à assister à des spectacles aussi macabres que ceux qui se déroulent actuellement dans de nombreuses régions de la terre», a insisté le pape, dénonçant les «discussions inutiles et virulentes» qui agitent des débats politiques se détournant de l’essentiel.

    Non aux tentations « autocratiques »

    Le premier pape natif des États-Unis a aussi rappelé «l’importance du multilatéralisme face à des tentations nocives qui aspirent à s’ériger comme autocratiques dans un monde multipolaire et de plus en plus interconnecté». Il a notamment demandé de laisser une place aux pays pauvres dans les instances internationales afin « qu’on entende leur voix sans filtre, qu’on connaisse réellement leurs carences, et qu’on leur offre une opportunité, de sorte qu’ils soient partie prenante dans la résolution de leurs véritables problèmes, sans qu’on leur impose des solutions élaborées dans des bureaux lointains ».

    «Comment pourrions nous oublier tous ceux qui sont condamnés à la mort et à la souffrance en Ukraine, à Gaza, en Haïti, en Afghanistan, au Mali, en République centrafricaine, au Yémen et au Soudan du Sud, pour ne nommer que quelques lieux de la planète où la pauvreté est devenue le pain quotidien de tant de nos frères et sœurs? La communauté internationale ne peut détourner le regard», a martelé le chef de l’Église catholique. Il a conclu en interpellant chacun des acteurs de cette conférence internationale avec cette parole de Jésus: «Donnezleur vous mêmes à manger» (Mc 6,37).

    Le lien entre les papes et la FAO

    «Nous entendons votre appel en faveur d’une société plus juste», a déclaré le directeur de la FAO, Qu Dongyu, faisant référence au combat du pape pour la défense des plus pauvres dans une logique de «compassion collective». Le Chinois, qui avait été reçu par Léon XIV au Vatican le 1er août dernier, a rappelé que son organisation avait pour objectif de promouvoir la dignité humaine.

    D’autres personnalités internationales participent à cette conférence, parmi lesquelles la chef du gouvernement italien Giorgia Meloni et son ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, le roi du Lesotho Letsie III ou encore Ban Ki-moon, l’ancien secrétaire général des Nations unies.

    Les prédécesseurs de Léon XIV s’étaient eux aussi rendus à la FAO dans le cadre de conférences internationales. François s’y est ainsi rendu à plusieurs reprises, notamment le 16 octobre 2017, là aussi à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation.

    Benoît XVI s’y était rendu dans le même cadre le 16 octobre 2009, et Jean Paul II avait participé à une conférence internationale sur la nutrition organisée au siège de la FAO, le 5 décembre 1992. (cath.ch/imedia/cv/mp)

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