Dans un message adressé aux participants à la deuxième Conférence sur l’intelligence artificielle, l’éthique et la gouvernance d’entreprise réunis au Vatican, et publié le 20 juin 2025, le pape Léon XIV s’inquiète des conséquences de l’intelligence artificielle sur le développement neurologique des jeunes.
Le pape a assuré de «la volonté de l’Église de participer à ces discussions qui concernent directement le présent et l’avenir de notre famille humaine». Ces dernières années, le Saint-Siège a multiplié les avertissements face au développement fulgurant de cette technologie. Le pape François lui-même y a consacré plusieurs messages et en a fait l’objet d’un déplacement à Bari, dans le cadre d’une session du G7, le 14 juin 2024.
À sa suite, le nouveau pape voit le «potentiel extraordinaire» de ce «produit exceptionnel du génie humain», mais exprime sa préoccupation pour les conséquences de l’IA sur le «développement intellectuel et neurologique» des enfants et des jeunes. «Notre jeunesse doit être aidée et non pas entravée dans son cheminement vers la maturité et la véritable responsabilité», insiste-t-il. En 2023, l’Unesco conseillait dans un guide de ne pas utiliser les outils d’IA dans les salles de classe avant l’âge de 13 ans.
Évoquant cette jeune génération pouvant accéder à une immense quantité d’informations grâce à l’IA, il met en garde: «L’accès aux données — aussi étendu soit-il — ne doit pas être confondu avec l’intelligence. […] La sagesse authentique consiste davantage à reconnaître le sens véritable de la vie qu’à disposer d’une abondance de données.»
Préserver l’humain à l’ère de l’IA générative
Plus globalement, Léon XIV se fait l’écho de son prédécesseur pour diagnostiquer «une certaine perte […] du sens de l’humain» dans les sociétés. Soulignant que l’IA est «avant tout un outil», il s’inquiète de «son utilisation abusive à des fins égoïstes, au détriment d’autrui, voire pire, pour attiser les conflits et l’agression».
Au fil de son message en anglais, le pontife américano-péruvien souligne aussi les «questions préoccupantes» soulevées par l’IA générative, qui génère du contenu original, comme du texte, des images, de la musique. Pour le chef de l’Église catholique, cette IA pourrait avoir des répercussions négatives «sur l’ouverture de l’humanité à la vérité et à la beauté, ainsi que sur notre capacité unique à saisir et à traiter la réalité».
Pour discuter d’un cadre éthique adéquat pour la gouvernance de l’IA – dont l’utilisation n’est pas juridiquement encadrée au niveau international –, Léon XIV engage à «reconnaître et respecter ce qui est proprement humain». Le critère éthique supérieur, selon le pape, doit être de «préserver la dignité inviolable de chaque être humain et respecter les richesses culturelles et spirituelles ainsi que la diversité des peuples du monde». (cath.ch/imedia/ak/lb)