«La purification des souvenirs» et la «relecture commune de l’histoire» peuvent permettre de «guérir les blessures du passé », écrit Léon XIV dans un message diffusé le 29 mai 2025 à l’occasion du rassemblement organisé à Zurich, en Suisse, pour les 500 ans du mouvement anabaptiste.
Apparu aux Pays-Bas au XVIe siècle, ce courant du protestantisme compte près de deux millions de fidèles à travers le monde. Ils sont communément appelés les ‘mennonites’ en référence à leur fondateur, Menno Simons (1496-1561), un ancien prêtre catholique qui fut excommunié pour avoir notamment prôné de rebaptiser les adultes.
«La devise choisie pour votre célébration, ‘Le courage d’aimer’, nous rappelle avant tout la nécessité pour les catholiques et les mennonites de s’efforcer de vivre le commandement de l’amour, l’appel à l’unité des chrétiens et le mandat du service du prochain», écrit Léon XIV dans ce message, dans lequel il répète les premières paroles du Christ ressuscité lors de sa première apparition devant ses disciples : « La paix soit avec vous ! ».
Le pape souligne «le besoin d’honnêteté et de gentillesse dans la réflexion sur notre histoire commune, qui comprend des blessures et des récits douloureux qui influencent encore aujourd’hui les relations et les perceptions entre catholiques et mennonites». Les premières années du mouvement mennonite fut en effet marquées, en 1535, par la mise à sac et l’occupation d’un monastère catholique, en Frise, dans les Pays-Bas actuels. Le reprise du monastère occupé par les anabaptistes causa la mort de plus de 300 d’entre eux.
Autrefois considérés comme isolés, les mennonites sont désormais mieux représentés dans le mouvement œcuménique. Une pasteure mennonite, Anne Cathy Graber, qui fait partie de la Communauté du Chemin neuf, a ainsi participé à la récente assemblée romaine du Synode sur la synodalité, une vaste réflexion menée par l’Église catholique afin de lutter contre le cléricalisme et de promouvoir la participation des laïcs. (cath.ch/imedia/cv/mp)