Le Vatican examine le dossier des ordinations clandestines à l’Est (250191)
Rome, 25janvier(APIC) Le Saint-Siège examine actuellement un important
dossier concernant les ordinations clandestines de prêtres et d’évêques en
Europe de l’Est depuis les années cinquante, révèle l’hebdomadaire catholique italien "Jesus" dans sa dernière édition. La nouvelle a été confirmée
vendredi par le porte-parole du Vatican Joaquin Navarro-Valls qui précise
que ces ordinations ont été effectuées en accord avec le Saint-Siège et
l’évêque du lieu et nie la présence parmi les prêtres clandestins d’hommes
mariés et de femmes, comme le laisse entendre l’hebdomadaire catholique
italien "Jesus" dans sa dernière édition.
L’hebdomadaire catholique donne plusieurs raisons à l’ordination d’hommes mariés: le fait que sous le régime communiste, les prêtres mariés
étaient moins suspects aux yeux de la police secrète; le manque de candidats célibataires, qui a obligé l’Eglise à procéder ainsi pour conserver un
nombre suffisant de prêtres.
La Congrégation romaine pour la doctrine de la foi étudie les faits et
examine quels jugements pourront être prononcés de cas en cas afin de régulariser la situation des prêtres et évêques clandestins. Une possibilité
serait, relève l’hebdomadaire "Jesus", de permettre aux prêtres de rite latin de passer au rite byzantin, qui admet des prêtres mariés.
Un autre problème occupe la Congrégation pour la doctrine de la foi: la
reconnaissance des prêtres clandestins ordonnés par des évêques sacrés
clandestinement. Nombre d’entre eux, très âgés, aimeraient, affirme l’ambassadeur tchécoslovaque près le Saint-Siège, Frantisek Halas, que le Vatican les reconnaisse sans tarder pour qu’ils puissent exercer publiquement
leur ministère. Jean Paul II a mis récemment deux évêques clandestins à la
tête d’un diocèse en Tchécoslovaquie: Mgr Jan Korec, évêque de Nitra, et
Mgr Karel Otcenasek, évêque de Hradec Kralove.
Certains prêtres clandestins, ou "prêtres des catacombes", auraient été
ordonnés sous le régime communiste en Europe de l’Est en vertu de "décrets
extraordinaires" promulgués par le pape Pie XII, relève encore l’hebdomadaire "Jesus". Jean Paul II lui-même, lorsqu’il était archevêque de Cracovie, aurait ordonné clandestinement une douzaine de prêtres tchécoslovaques. La Tchécoslovaquie devrait compter plusieurs centaines de prêtres et
une trentaine d’évêques clandestins désireux de régulariser leur situation.
La Hongrie une trentaine de prêtres clandestins. La Roumanie, la Bulgarie,
l’Ukraine et la Russie Blanche auraient également connu des ordinations
clandestines, rapporte l’hebdomadaire catholique italien. (apic/cic/cor)