Le Vatican encourage les épiscopats africains (260488)
Rome, 26 avril (APIC/CIP) Les religions traditionnelles sont encore très
vives pour les Africains chrétiens, c’est pourquoi le Secrétariat du Vatican pour les non-chrétiens vient d’adresser une lettre aux Conférences
épiscopales d’Afrique et de Madagascar pour les encourager à consacrer une
plus grande attention pastorale aux religions traditionnelles africaines.
La lettre est signée par le président du Secrétariat, le cardinal nigérian
Francis Arinze, et son secrétaire, le Père Fitzgerald.
Les religions africaines traditionnelles représentent le contexte religieux et culturel dans lequel ont grandi la plupart des chrétiens d’Afrique. Bon nombre de chrétiens, dans les moments critiques de leur vie, renouent d’ailleurs avec des pratiques religieuses de leurs ancêtres,
fréquentent les lieux de culte des religions traditionnelles, et s’adressent à leurs prophètes, à leurs guérisseurs, leurs magiciens et leurs
voyants. Certains en viennent même à rejoindre des sectes ou des Eglises
dites "indépendantes", ou ils sentent que certains éléments de leur culture
sont davantage respectés.
Telles sont les premières constatations que font les responsables du
Secrétariat pour les non-chrétiens. Or, poursuivent-ils, l’Eglise respecte
les religions et les cultures des différents peuples. elle désire même que
ces peuples protègent et conservent tout ce qui est "noble, authentique et
bon" dans leurs religions et leurs cultures. Mais il ne s’agit pas seulement pour l’Eglise de le réaffirmer. Il importe de le montrer pastoralement.
En premier lieu, une meilleure compréhension des religions traditionnelles africaines est indispensable si l’on veut améliorer la présentation du
christianisme aux Africains, soulignent le cardinal Arinze et son secrétaire.
Quant au dialogue du christianisme avec ces religions ancestrales, il
doit être entendu en deux sens. Avec les adeptes des religions africaines
traditionnelles, qui n’ont pas envie de devenir chrétiens, le dialogue doit
être compris dans son sens commun de "rencontre, compréhension réciproque,
respect et recherche commune de la volonté de Dieu". Avec les Africains qui
sont en passe de se convertir ou le sont déjà, le dialogue doit être
compris, de la part des chrétiens, dans un contexte plus large : il suppose
toute une approche pastorale de ceux qui ont grandi dans les religions
africaines traditionnelles afin de leur présenter, de manière plus adéquate, l’Evangile lui-même. L’enjeu d’une telle approche est que l’Eglise
puisse prendre plus profondément racine en terre africaine.
La lettre du Vatican précise encore qu’il ne convient pas d’idéaliser
les religions traditionnelles pour mieux les respecter. Elles comportent
d’ailleurs des éléments critiquables aux yeux de l’Eglise, comme la polygamie ou la discrimination envers les femmes.
Enfin, le Secrétariat souhaite que, dans l’approche des religions africaines traditionnelles, il soit tenu compte de points de doctrine essentiels dans le christianisme. La lettre du cardinal Arinze cite notamment :
la place centrale occupée par le Christ, la nature révélée de son message,
le rôle irremplaçable de la Bible et de la grande tradition ecclésiale,
l’unité de l’Eglise, sans oublier le rôle du pape dans la communion entre
les Eglises locales et avec elles.
Après avoir exhorté les évêques africains à promouvoir l’unité de la foi
catholique, bien que l’expression de cette foi varie selon les peuples et
les cultures, le Secrétariat insiste : les initiatives les plus importantes
en ce domaine doivent être prises par les Conférences épiscopales de chaque
pays ou de chaque région. (apic/cip/bd)