Le Valais tout entier fête le cardinal Schwery (010791)
Rome, 1erjuillet(APIC) "On voit que l’évêque est un homme comme nous !":
c’est le cri du coeur lancé par Blanche, de retour de Rome, où elle a assisté en compagnie de 300 pèlerins valaisans à la remise de la barrette et
de l’anneau cardinalices à leur évêque, Mgr Henri Schwery. Elle exprime
bien le sentiment de tous après quatre jours vécus au coeur de l’Eglise.
Certains voyaient Rome pour la première fois, d’autres redécouvraient des
lieux connus, mais tous les visages rayonnaient d’une fierté et d’une joie
légitimes et l’émotion remplissait les coeurs à la pensée que le Valais a
un nouveau cardinal.
Au programme: le Consistoire, vendredi, dans l’aula Paul VI, durant lequel Jean Paul II a remis la barrette cardinalice à Mgr Ignatius Gong Pinmei, évêque de Shanghai en exil aux Etats-Unis et à 22 nouveaux cardinaux,
dont Mgr Schwery; la messe pontificale, samedi, sur la place Saint-Pierre,
où le pape a remis le pallium à 27 archevêques métropolites et l’anneau
cardinalice aux nouveaux membres du Sacré Collège. Les autorités civiles et
religieuses du Valais avaient fait le déplacement en avion avec Mgr Schwery, les pèlerins en car et les séminaristes - une quinzaine sur la trentaine que compte le séminaire diocésain - en train. Ils ont également rencontré "leur" cardinal à la Garde suisse et visité Rome.
Quelque 300 Valaisans avaient tenu à s’associer à Mgr Schwery pour vivre
cet événement historique pour l’Eglise en Suisse. Venus des quatre coins du
diocèse, ils sont arrivés jeudi à Rome après un voyage tout de simplicité
et de cordialité, dans une atmosphère bien valaisanne: le Fendant et les
mélodies du terroir le disputaient dans les cars aux chants religieux et à
la méditation du chapelet.
Des heures historiques pour le Valais
L’animation spirituelle avait été confiée à l’aumônier des pèlerinages
diocésains, l’abbé Martial Carraux, nouveau vicaire épiscopal, et au Père
Edouard Clivaz, missionnaire du Sacré-Coeur, parent du cardinal. Il n’a pas
fallu longtemps pour que les langues se délient et que chacun redise la
conviction qui l’anime: "Je viens pour soutenir Mgr Schwery, il en a bien
besoin après les critiques qu’il a déjà reçues"; "Je suis là pour vivre des
événements historiques pour notre diocèse et redire mon amitié à mon évêque"; "Je suis fier et heureux et ma présence est un signe de solidarité
avec Mgr Schwery: ce n’est pas tous les jours qu’on a un cardinal valaisan!".
Première étape romaine pour les pèlerins valaisans: le Consistoire, vendredi 28 juin, dans la moderne Aula Paul VI pour les plus favorisés, dans
la basilique Saint-Pierre pour les autres, en raison du nombre important de
fidèles. La célébration de la parole était retransmise pour la première
fois en direct sur grand écran. Une consolation tout de même pour ceux qui
avaient pris place dans la basilique: Jean Paul II est venu leur adresser
quelques mots à l’issue de la cérémonie.
Moment d’intense émotion pour tous les Valaisans présents, qui vivaient
un tel événement pour la première fois: drapeaux suisses et valaisans agités à bout de bras, vivats, applaudissements, pleurs de joie: "C’est trop
beau ! J’en ai les larmes aux yeux ! Je n’ai jamais vécu cela !". Etonnement aussi devant la majesté de la célébration: "Jésus-Christ reconnaîtrait-il son Eglise ?", m’a confié Francis, un séminariste indien du diocèse. Expérience enfin de l’universalité de l’Eglise catholique et saisissement devant les nouveaux cardinaux venus de l’Est (Mgr Alexandru Todea, archevêque métropolite de Fagaras et Alba Julia, Roumain; Mgr Jan Chryzostom
Korec, évêque de Nitra, Slovaque) et de Chine (Mgr Ignatius Gong Pinmei),
très applaudis en raison des souffrances qu’ils ont endurées au nom de leur
foi.
"Je n’aurais pas voulu rater cela !"
Samedi soir, les drapeaux suisses et valaisans étaient bien présents sur
la place Saint-Pierre pour la messe pontificale célébrée par Jean Paul II
en présence des nouveaux cardinaux et archevêques métropolites, du Métropolite Barthélémy de Chalcédoine, représentant du Patriarche oecuménique de
Constantinople Dimitrios Ier, et des autorités italiennes. Ils se sont agités sous des applaudissements nourris lorsque le pape a remis à Mgr Schwery
l’anneau cardinalice, signe d’une communion plus étroite avec le Saint-Siège. Joie, fierté et émotion se lisaient sur tous les visages: une atmosphère chaleureuse et cordiale en dépit du froid, le vent s’étant levé sur la
place. "C’est une chance d’avoir pu vivre un tel événement. Ca me restera
toute ma vie !", "Je n’aurais pas voulu rater cela !": les Valaisans ont
dit leur joie en rentrant à l’hôtel; leur reconnaissance aussi: "Il faut
remercier Jean Paul II, qui a choisi Mgr Schwery au nom de l’Eglise universelle et pour son service. Je ne peux que me réjouir de ce choix et faire
confiance au chef de l’Eglise", me confie Blanche, émue et profondément
heureuse.
Les Suisses rencontrent "leur" cardinal: simplicité et amitié
En bon Valaisan qu’il est, Mgr Schwery a tenu à inviter la colonie suisse de Rome à une réception plus intime, vendredi soir, dans la cour de la
Garde suisse. Il a associé à la fête ses parents, ses amis, les autorités
civiles et ecclésiastiques, les membres de l’ordinariat ainsi que les séminaristes. Une réception sans partie officielle ni discours, dans le partage
et l’amitié fraternelle. L’occasion de rencontrer en particulier le Père
dominicain Georges Cottier, théologien de la Maison pontificale, Mgr Erich
Salzmann, assistant ecclésiastique de l’Ordre de Malte, l’abbé Martin Beutler, chapelain de la Garde suisse et Hans-Peter Röthlin, sous-secrétaire de
la Commission pontificale pour les moyens de communication sociale. Parmi
les personnalités, on notait la présence du nouveau cardinal roumain, Mgr
Alexandru Todea ainsi que celle du cardinal colombien Alfonso Lopez Trujillo.
Samedi après-midi, ce sont les pèlerins venus en car qui ont rendu hommage à "leur" cardinal, dans une rencontre improvisée à la Garde suisse:
chants du terroir, acclamations, séances de photos ont créé une atmosphère
fraternelle toute de simplicité et de cordialité. L’occasion pour les diocésains de redire à leur évêque leur amitié et leur volonté de collaborer
avec lui dans leurs paroisses.
Une proximité plus grande
Monsieur le cardinal Schwery est plus proche de ses diocésains que Monseigneur: une évidence au retour de Rome pour celui qui a accompagné les Valaisans dans cette aventure. Sur la route de Sion, où le cardinal devait
être accueilli par les autorités religieuses et civiles de Suisse, chacun
s’est rappelé les contacts qu’il a eus avec Mgr Schwery et, pour la plupart, les rares fois où il a franchi craintivement le seuil de l’évêché: ça
compte, maintenant qu’il est cardinal ! Dès qu’ils ont appris la nouvelle,
ils ont décidé de partir pour Rome: "Je n’ai pas hésité une seconde à
partir, sans même savoir si un voyage était organisé, j’apprécie trop Mgr
Schwery !"; "Pour moi, la question ne s’est pas posée: le déplacement à Rome était une chose entendue !".
Une fraternité bien réelle à l’égard de leur nouveau cardinal et un attachement profond, qui touche aux racines, car "il reste valaisan et le
fait qu’il soit cardinal ne lui donne pas la grosse tête"; "Il n’a pas
changé!". Une simplicité qui réjouit ses diocésains, fiers et admiratifs:
"Il est d’abord mon évêque. J’ai pour lui une admiration sans bornes !",
s’est écriée Françoise, émue jusqu’aux larmes. "Après les critiques dont il
a été l’objet, l’accession au cardinalat remet les choses en place; il est
enfin au-dessus de la mêlée !", a-t-elle ajouté, visiblement soulagée. Pour
Blanche, "maintenant qu’il est cardinal, il est écouté". De plus, "il allie
instruction et intelligence, ce qui est essentiel. Il a une profondeur certaine et une grande simplicité".
"On a un cardinal bien !": cette réflexion résume à elle seule le
respect des Valaisans pour leur évêque et l’amitié profonde qu’ils ont pour
lui, car, ils le sentent bien, "il a besoin d’être soutenu". La pourpre
cardinalice est "un nouveau départ pour lui", concrétisé par l’équipe renouvelée dont il va s’entourer dès l’automne à l’évêché. C’est avec fierté,
joie et émotion, les évêques suisses et le président de la Confédération
Flavio Cotti en tête, que ses compatriotes ont accueilli le nouveau cardinal dans sa ville épiscopale de Sion. Après la bénédiction d’une plaque
commémorative à l’Hôtel de ville et une messe pontificale présidée par Mgr
Schwery sur la place de la Planta, un apéritif offert par le Chapitre de la
cathédrale - au menu, entre autres, le "Vin du cardinal" - a rassemblé tous
les participants. Une aventure qui restera gravée dans toutes les mémoires:
un cardinal, ça se fête, et les Valaisans ont le sens de la fête !
Cardinal, Mgr Schwery est titulaire d’une église de Rome, l’église des
protomartyrs (les premiers martyrs de l’Eglise de Rome), qui lui a été remise par Jean Paul II au cours du Consistoire. La prise de possession de ce
sanctuaire aura lieu début novembre: un train spécial sera organisé, qui
conduira les pèlerins à Rome sur les pas de leur évêque. (apic/cor)
Reportage réalisé par Geneviève Cornet