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    Le thème du "Nouvel Age" se répand (291288)

    dans les "nouveaux mouvements religieux

    Paris, 29décembre(APIC) Le thème du "Nouvel Age", qui est d’inspiration

    anglo-saxonne, est largement répandu dans la plupart des pays d’Europe et

    d’Amérique du Nord. Même s’il est moins présent pour le moment en milieu

    francophone, il n’en a pas moins retenu l’attention du groupe catholique

    français "Pastorale et Sectes", qui réunit, avec le Père Vernette, les

    Pères Le Cabellec, Gauderon, Le Mince, Sicard, Cesbron, secrétaire général

    adjoint de la Conférence des évêques de France, ainsi que Soeur Vitré.

    Le thème du "Nouvel Age" inspire désormais la doctrine et les pratiques

    d’une foule de groupes gnostiques et "nouvelles sagesses" qui se référent à

    la Tradition parallèle: Anthroposophie, Théosophie, Rose-Croix, Fraternité

    Blanche Universelle, Graal, Atlantis, Ordre Martiniste, Arcane; de mouvements se réclamant des religions d’Orient, tels le Raja Yoga ou la Méditation Transcendantale; de groupes de "Développement du Potentiel Humain, de

    thérapies, ufologiques...

    Une supra-religion mondiale à l’aube de l’ère du Verseau

    L’ambition de ces mouvements: proposer la supra-religion mondiale qui

    marquera le passage à l’ère du Verseau, aux approches de l’an 2000, et la

    fin de la religion chrétienne de l’ère des Poissons. Ce sera le Second Avènement Christique. Ainsi, certains se présentent personnellement comme "les

    nouveaux messies" pour le "Nouvel Age": le révérend Moon, bien connu, mais

    aussi Maîtreya le Christ annoncé par Benjamin Creme, Ishvara, soutenu par

    Lifeware, et bien s’autres.

    Chacun est invité à réaliser en lui le Christ intérieur en se branchant

    sur l’Energie divine cosmique, qui assure la triple harmonie de l’individu

    avec lui-même, avec l’humanité, avec le cosmos. D’ou l’importance accordée

    aux techniques d’éveil spirituel ou d’exploration de l’espace intérieur,

    car la connaissance de soi est "réputée pour être le chemin le plus direct

    de la connaissance de Dieu et du monde".

    D’ou aussi un ensemble de pratiques apparemment hétéroclites, mais

    unifiées par cette vision d’humanisation totale: voies de méditation et

    médecine de l’âme, yoga et arts martiaux, astrologie et "channeling"

    (communication avec les entités du monde invisible), maîtrise du corps (Tai

    Chi Chuan et les thérapies douces) et de la nature (art floral de

    l’Ikebana, écologie et végétarisme). Il s’agit de rassembler dans l’unité

    tout ce qui était divers. Et notamment toutes les religions, en un

    syncrétisme accueillant et réducteur. C’est, dit le groupe "Pastorale et

    Sectes", "un nouveau paradigme, une manière autre de voir toute chose".

    "La conviction centrale, souligne le groupe, est en effet que l’humanité

    est sur le point d’entrer, à l’aube du Verseau, dans un âge nouveau de prise de conscience spirituelle et planétaire, d’harmonie et de lumière, marquée par des mutations psychiques profondes sous l’influence des ’énergies

    christiques’ déjà à l’oeuvre parmi nous".

    Bref, "un millénarisme pour l’an 2000, dont le credo non-dit, commun à

    une foule de mouvements, est proche parent de l’ésotéro-occultisme: attente

    d’une nouvelle époque du monde annoncée par la loi des cycles cosmiques;

    réincarnation et loi du Karma; nature divine de la conscience intérieure;

    une anthropologie faisant place au corps subtil, éthérique, astral, et une

    cosmologie faisant place aux anges et aux esprits". La métaphysique sousjacente est strictement "moniste" (NDLR: le monisme est un système philosophique qui considère l’ensemble des choses comme réductible à l’unité): la

    multiplicité des êtres n’est que la manifestation illusoire (maya) de

    l’unité ontologique du monde qui est d’essence divine. Thème vecteur d’une

    certaine religiosité occidentale, le "Nouvel Age" représente une utopie assez vague pour que chacun puisse y projeter ses propres aspirations religieuses, que le groupe "Pastorale et Sectes" définit comme "une nébuleuse

    dense, mais aux contours flous".

    Quelques exigences pastorales

    Le "Nouvel Age" est l’un des défis importants que devra affronter le

    christianisme dans les années à venir. D’abord parce que ces mouvements

    sont soucieux de hâter sa disparition pour faire place à la future "religion mondiale". Ensuite car ce type de sensibilité religieuse revêt bien

    des traits de la gnose éternelle. Enfin, de nombreux chrétiens pratiquent

    couramment la double appartenance.

    C’est pourquoi le groupe "Pastorale et Sectes" souligne quelques exigences pastorales. Il s’agit de prendre au sérieux les questions soulevées par

    le "Nouvel Age", sous peine de n’être pas entendu ni pris soi-même au

    sérieux. Il faut savoir, par exemple, que la Bible, le coeur du christianisme, est abondamment utilisée par le "Nouvel Age" - ce qui donne le change aux chrétiens -, mais est entièrement réinterprétée en perspective gnostique. Et qu’une nouvelle religiosité se constitue paisiblement en dehors

    des Eglises, avec une audience qui s’élargit.

    Le groupe suggère ensuite de revoir certains liens abusifs entre le

    christianisme et des conceptions du monde et de l’existence récusées par

    les courants du "Nouvel Age". La Bible, par exemple, ne partage pas les oppositions faciles que l’on a pu faire entre le corps et l’esprit, etc.

    Enfin, des points de repère fondamentaux seraient à préciser par les

    chrétiens pour ceux qui sont tentés par la double appartenance. Pour les

    chrétiens, notamment, la résurrection n’équivaut pas à une réincarnation,

    le Christ n’est pas qu’un maître parmi d’autres, la prière est autre chose

    qu’une technique, le salut est le fruit d’un don et non d’une conquête par

    la connaissance, et l’amour des autres n’est pas relégué après la réalisation de soi. Et ce ne sont là que quelques indications. Comme le groupe

    "pastorale et Sectes" le fait observer, il est essentiel, aux yeux d’un

    chrétien, que le croyant conserve toujours un esprit critique dans l’évaluation de ce qui lui est proposé et qu’il "accepte de ne pas avoir le dernier mot sur tout". (apic/cip/pr)

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