Rome, 5novembre(APIC/CIP) Le thème des grands mouvements de laïcs a été
largement approfondi à l’occasion du récent synode, et c’est d’ailleurs la
première fois que cette question retient l’attention de cette assemblée et
est abordée dans un document synodal : c’est ce que souligne dans une interview à Radio Vatican le prélat de l’Opus Dei, Mgr Alvaro del Portillo.
La prélature personnelle qu’il dirige rassemble 1.200 prêtres et 74.000
laïcs.
L’Opus Dei n’est pas à ranger parmi les nouveaux mouvements
Mgr del Portillo précise d’emblée qu’il ne considère pas que l’Opus Dei
est à ranger parmi les nouveaux mouvements dont il a été souvent question,
parfois de façon polémique, au cours du dernier synode : l’Opus Dei n’est
pas un mouvement, mais une prélature personnelle, explique-t-il, et, "contrairement aux mouvements, l’Opus Dei fait un travail qui va d’âme à âme,
d’individu à individu. Je me réjouis de la naissance de tant de mouvements
qui sont un enrichissement pour l’Eglise, ajoute-t-il. Vu que le code (de
droit canon) ne les a pas prévus, il importait qu’ils fassent leur entrée
officielle dans l’Eglise."
Pour Mgr del Portillo, les pères synodaux ont entendu avec beaucoup
d’estime et une grande espérance les témoignages portant sur ces mouvements. "Je pense, déclare-t-il, qu’ils sont à même de se mettre à l’oeuvre
et qu’ils peuvent etre réglementés par des normes canoniques opportunes."
Les tensions sont normales
Quant aux tensions qui existeraient entre les Eglises locales et les
nouveaux mouvements dont il a été question durant le synode, le prélat de
l’Opus Dei pense qu’elles finiront par s’estomper. "C’est un phénomène bien
connu que des tensions apparaissent dès que surgit quelque chose de
nouveau, explique-t-il. C’est là un fait qui s’est toujours vérifié dans
l’histoire de l’Eglise. Les ordres mendiants, par exemple, ont été
accueillis lors de leur naissance avec une grande méfiance. Le même
phénomène se répète aujourd’ hui. C’est vrai que des tensions existent,
probablement dues aussi à l’imprudence qui est une caractéristiques de
toute nouveauté. Mais tout cela se réglera avec le temps, à force
d’humilité et de patience."
Pour Mgr del Portillo, cette patience doit venir des uns et des autres,
des pasteurs et des mouvements, lesquels doivent, si nécessaire, faire
l’objet d’ajustements et d’une adaptation aux nécessités locales.
L’appel universel à la sainteté
Concernant les thèmes traités durant le synode, Mgr del Portillo estime
que l’assemblée a abordé "de façon harmonieuse et avec une correspondance
d’idées" les grands thèmes du Concile Vatican II, en particulier de la constitution "lumen gentium" à propos de l’appel universel à la sainteté. "Le
fait qu’on ait mis l’accent sur l’appel universel à la sainteté, chacun à
sa propre place, dans sa profession, sa famille, est un grand bienfait
pour l’Eglise, affirme encore le prélat de l’Opus Dei. C’était une raison
suffisante pour tenir un synode. Mais il était également nécessaire que
cette activité soit harmonisée à l’intérieur des Eglises locales. C’est la
une importante contribution du synode à la vie de l’Eglise."
A propos de son intervention au synode, qui portait sur l’expérience de
l’Opus Dei dans le champ de l’apostolat laïc, une intervention jugée par
beaucoup comme trop lénifiante, peu polémique et même décevante, Mgr del
Portillo observe qu’il a pris la parole à un moment ou le synode mettait
l’accent sur l’organisation des paroisses, des mouvements, soit
d’initiatives qui ont déja droit de cité dans l’Eglise.
"Dans mon intervention, indique Mgr del Portillo, je pensais à ceux qui
se trouvent éloignés, à la nécessité de rejoindre tout le monde. L’Eglise
existe pour tous, et les mouvements doivent être le ferment de la masse,
car Jésus est mort pour tous. Il n’y avait rien de polémique dans mon intervention. Je voulais seulement qu’on insiste davantage sur la nécessité
de la sainteté personnelle sans laquelle chaque activité est vaine. Je n’ai
attaqué personne, et surtout pas les autres institutions qui travaillent au
service de l’Eglise, et que je respecte et apprecie." (apic/jt/be)