Le Synode des évêques d’Europe et la Compagnie de Jésus (081191)
Rome, 8novembre(APIC) Le Père Peter-Hans Kolvenbach, préposé général de
la Compagnie de Jésus, a adressé un message aux jésuites du monde entier au
sujet du prochain Synode spécial des évêques sur l’Europe, qui se tiendra
au Vatican du 28 novembre au 14 décembre. Si le Père Kolvenbach a voulu
s’adresser à la Compagnie toute entière, c’est pour exprimer son attente de
"voir les Eglises d’Europe éviter de se replier sur leurs propres traditions et sur des projets qui se limiteraient à leurs propres frontières".
Selon le préposé général, ce que propose Jean Paul II, est un "échange
de dons" entre les Eglises d’Europe en vue de la nouvelle évangélisation.
L’effondrement des régimes et de l’idéologie communiste suffisant à lui
seul à engager les Eglises européennes dans un travail considérables, observe le préposé général, le vieux continent pourrait y consacrer toutes
ses énergies, oubliant par là l’exigence de s’ouvrir au-delà de ses frontières.
Le Père Kolvenbach met l’accent sur "le refus d’entente" entre les religions chrétiennes, "les formes diverses d’intolérance à l’égard de tant de
grandes religions actuellement présentes au coeur de l’Europe, et le rejet
discriminatoire de ceux qui n’appartiennent pas à la Communauté Européenne
mais lui offrent cependant leur travail". Autant de faits qui sont, pour le
Père Kolvenbach, "les conséquences négatives d’un repliement sur ses propres intérêts et d’une recherche d’unité commandée par le désir de survivre
plutôt que désirée à la manière d’une valeur évangélique".
Un appel à la communion au milieu même de la diversité
Concrètement, cet échange de dons peut se traduire dans l’aide matérielle aux Eglises appauvries d’Orient, à laquelle participe la Compagnie. Il
peut aussi se réaliser, ajoute le Père Kolvenbach, dans "un échange d’expériences, où se livre d’une part le témoignage de la foi de ceux qui ont
soutenu héroïquement une longue expérience inhumaine, et où se manifeste
d’autre part l’effort de renouveau de la vie de foi, grâce à l’inspiration
de Vatican II, dans le contexte de la société sécularisée qui ne tardera
pas à envahir tout le continent européen, voire le monde entier".
Il s’agit, souligne le Père jésuite, de "reconnaîre l’appel du Seigneur
à la communion au milieu même de la diversité", fussent les peuples "séparés par des abîmes de souvenirs douloureux et d’incompréhensions séculaires". Il insiste sur "la responsabilité à l’égard de la paix et de la justice en Europe et dans les autres continents, en commençant par les plus
éprouvés". (apic/cip/ap)