Le Soudan en marche vers l’ouverture? (080493)
Rome/Khartoum, 8avril(APIC) Une rencontre interreligieuse placée sous le
thème "Pour une coopération religieuse plus étroite dans la voie du développement", se tiendra du 26 au 30 avril à Khartoum, la capitale du Soudan.
Cette rencontre, organisée par la "Fondation pour la paix et le développement", proche de l’Université de Khartoum et des milieux gouvernementaux,
pourrait bien être le signe avant-coureur d’une certaine ouverture en faveur des chrétiens soudanais, estime-t-on généralement. Un sentiment encore
renforcé par l’invitation faite a la Caritas nationale de s’y associer.
Cette organisation regroupe aussi bien des représentants des musulmans
sunnites, que ceux des quelque 2 millions de catholiques et des 200’000
coptes-orthodoxes recensés dans le pays. Aucune précision, en revanche, sur
la représentativité des religions africaines traditionnelles. Selon le président du Comité organisateur de la rencontre, le copte Theophilos Faraj,
récemment de passage à Rome dans le le but de présenter cette rencontre,
"la guerre au Soudan n’est pas provoquée par les différences religieuses
mais plutôt par des accrochages sociaux provoqués par des rebelles du Sud.
Le représentant copte, qui pense qu’"on a beaucoup exagéré sur les violations des droits de l’homme" dans son pays, et qui les minimise par la
même occasion, affirme que "dans tout le reste du Soudan, contrôlé par le
gouvernement, la paix règne". En "tant que chrétien nous pouvons professer
notre religion dans nos églises". Et d’ajouter: "Il n’est pas vrai que la
charia (la loi islamique) soit appliquée sans distinction. Nous les coptes,
nous célébrons nos mariages et nos baptèmes selon nos rites et selon nos
lois.
Plus nuancé, par contre, est l’avis d’un porte-parole des Comboniens qui
représente la majorité des missionnaires italiens au Soudan. "Un sentiment
d’ambiguité entoure cette initiative et l’invitation à y participer. Nous
ne pouvons guère exclure que la motivation principale du gouvernement soudanais soit celle de retrouver un vernis de respectabilité. Il ne faut pas
non plus faire fi de ces signes. Ce sont des témoignages de l’écho de la
visite du pape en février dernier. L’invitation faite à Caritas de participer à cette initiative devrait obliger le gouvernement à débloquer définitivement l’aide humanitaire en provenance des Caritas nationales dans le
monde.
Le gouvernement soudanais abandonnera-t-il l’intégrisme islamique? "Il y
a des signes timides en ce sens, répond le missionnaire. Et de relever:
"Ces signes sont avant-coureurs, surtout en ce qui concerne les espaces ouverts aux chrétiens..." (apic/sv/pr)