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    Un désastre économique et humain sans précédent

    Le sida en Asie: une bombe à retardement (081291)

    Richard Werly, correspondant de l’Agence APIC à Bangkok

    Bangkok, 8décembre(APIC) Selon le ministre thaïlandais Meechai Viravaidya, l’épidémie de sida qui menace le continent asiatique risque de déboucher sur un désastre économique et humain sans précédent. S’exprimant en

    fin de semaine à Bangkok devant un parterre de journalistes étrangers, le

    ministre a affirmé que d’ici l’an 2’000, l’Asie dépassera l’Afrique au palmarès des régions les plus affectées par le virus et que les conséquences

    de l’épidémie se feront sentir dans tous les domaines.

    D’après le ministre Viravaidya, surnommé en Thaïlande "Monsieur condom"

    en raison de ses campagnes répétées pour la prévention du sida, les leaders

    politiques et les gouvernements asiatiques sont "directement responsables

    de ce désastre". "Tous les politiciens ont menti à propos des ravages du

    sida", a-t-il déclaré. Avant d’ajouter: "La Thaïlande n’est pas un cas isolé. La plupart des gouvernements asiatiques ont agi trop tard. Tous les

    pays sont passés par cette phase de mensonges officiels provoquée par la

    peur que suscite l’ampleur du problème. Cela m’attriste de voir maintenant

    des politiciens en train de faire l’autruche, car ce n’est pas eux, mais la

    génération suivante qui paiera les pots cassés de leurs erreurs politiques".

    Interrogé sur les conséquences socio-économiques de l’épidémie en Thaïlande, où l’on recense déjà plus de 500’000 séropositifs, le ministre thaïlandais a confirmé que "le sida affecte en priorité les 20/40 ans, soit la

    classe d’âge la plus productive". Selon lui, les ravages économiques (coûts

    médicaux, pertes de revenus, désaffection touristique, diminution de la

    main d’oeuvre expatriée...) pourraient entraîner une perte sèche estimée à

    20% du produit national brut si rien n’est fait pour enrayer la propagation

    très rapide du sida.

    L’exposé du ministre intervient au moment même où s’apprête à démarrer

    une campagne nationale d’information sur le sida dans les médias, l’administration et les écoles. Orchestrée par l’Office du Premier ministre et

    appuyée par une campagne parallèle de l’Eglise catholique, cette campagne

    vise essentiellement à convaincre les jeunes hommes d’abandonner la fréquentation très répandue des prostituées et de diminuer le nombre de leurs

    partenaires. "C’est le début d’une véritable révolution sexuelle", a notamment affirmé Meechai Viravaidya, coordinateur de cet effort national de

    prévention. (apic/rw/pr)

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