Le Secours Catholique soutient Caritas Haïti (250292)
Paris, 25 février(APIC) Le Secours Catholique a décidé lundi à Paris d’appuyer financièrement la Caritas d’Haïti venue dans la capitale française
présenter son programme intitulé "Haïti vivra". Le directeur de la Caritas
nationale d’Haïti, Ernst Verdieu, qui durant quatre mois a été ministre des
Affaires sociales dans le gouvernement du président Aristide, était accompagné de Mgr Emmnuel Constant, évêque de Gonaïves, président de la Caritas
et de la Commission "Justice et Paix". Les représentants haïtiens ont pu
ainsi présenter un programme qui consiste essentiellement à soutenir les
activités productrices de leur pays dans les domaines de l’artisanat, de la
pêche et de l’agriculture.
Avant d’entrer dans le domaine concret de l’aide requise, Mgr Constant a
évoqué la position de l’Eglise officielle dans le contexte difficile que
vit actuellement son pays. Il a tenu à rappeler que l’Eglise condamne tout
ce qui porte atteinte à la vie et aux droits de l’homme, même s’il a reconnu qu’il y a "eu des erreurs de la part du gouvernement du Père Aristide".
Il ne s’est pas prononcé, malgré l’actualité de cette question, sur le retour de ce dernier à Port-au-Prince. Regardant l’avenir, l’évêque de Gonaïves a déclaré: "Aujourd’hui en Haïti, le problème est double: l’homme haïtien comme tel et l’écologie. Il faut présenter un plan d’action pour empêcher que la situation ne devienne irréversible".
Les suites de l’embargo
Le président de Caritas Haïti a évoqué également les conséquences de
l’embargo économique imposé par l’Organisation de Etats américains. Au début du mois de février, devant les conséquences dramatiques pour la population, les Etats-Unis ont annoncé une modification de cet embargo "pour soulager la misère". Le phénomène croissant des "boat people" qui quittent
l’île pour se réfugier aux USA a probablement aussi pesé dans cette décision. En effet, plus de 15’000 Haïtiens ont fui leur pays et ont été récupérés en mer depuis octobre. 10’000 sont toujours installés dans des camps,
sous tentes, à la base américaine de Guatanamo à Cuba et 381 ont été rapatriés sous la contrainte début février. Les Etats-Unis refusent systématiquement toute demande d’asile politique.
"La maison a pris feu pour de bon"
Ernst Verdieu , quant à lui, pense "qu’après avoir longtemps crié au feu
pour rien, la maison a pris feu pour de bon". Il est urgent d’aider le peuple haïtien, mais il est encore plus urgent de "le remettre à produire par
ses propres moyens". "Il faut que les citoyens se décident par eux-mêmes à
sortir de leur situation, sinon je préfère renvoyer l’argent qu’on me donnera".
Des projets ciblés
Le Secours Catholique a déjà soutenu des programmes présentés par les
Caritas diocésaines et la Caritas nationale d’Haïti. En 1990, par exemple,
quelques 2’700’000 francs français ont été versés à quatre Caritas diocésaines, tandis que le programme national agricole "Haïti 1990 - Haïti vivra", présenté par la Caritas nationale, avait été soutenu par une somme de
340’000 francs. Cette année, Caritas a décidé de cibler des projets et des
groupes, les jeunes en particulier: Lorsqu’il était au gouvernement, Ernst
Verdieu avait commencé une action auprès des jeunes en vue d’une formation
professionnelle. 1600 jeunes de Port-au-Prince ont pu bénéficier de ces mesures. Aujourd’hui la priorité est aux activités de base: la production
agricole, la pêche, l’artisanat, enfin les petits métiers, ce que l’on appelle le "secteur informel". Il faut voir ceux qui ont un avenir et soutenir ceux qui s’y lancent. Un des moyens serait la mise en route de "Chantiers jeunesse", regroupant les jeunes d’une même localité, décidés de se
mettre ensemble, quelle que soit leur appartenance politique.
Ce programme de la Caritas est celui de l’Eglise en Haïti. Il deviendra
probablement oecuménique. Et le directeur Verdieu de conclure: "Quel que
soit l’Etat, Caritas veut animer les citoyens pour qu’ils se mettent ensemble". Une mesure qui apparaît indispensable pour qu’une remise sur pied de
l’économie soit vraiment effective. (apic/ecl/ba)