Un groupe de travail du dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF) et du dicastère pour les Textes législatifs va définir un nouveau « délit d’abus spirituel », a annoncé le cardinal Víctor Manuel Fernández dans un communiqué publié le 25 novembre 2024. Pour le moment, le droit canonique ne reconnaît pas ce délit, qui recouvrirait le concept de « faux mysticisme ».
Dans ce bref texte ratifié par le pape François, le préfet du DDF aborde la question du « faux mysticisme », qui est de la compétence de la section Doctrinale du dicastère, qui traite de tous les phénomènes surnaturels. Le règlement cite ainsi les « problèmes et comportements liés à la discipline de la foi, tels que les cas de pseudo-mysticisme, les prétendues apparitions, visions et messages attribués à une origine surnaturelle… ».
Ce terme de « faux mysticisme » a parfois été utilisé dans l’histoire de l’Église. Le pape Pie XII par exemple a qualifiée ainsi la conception de Dieu de jansénistes qui ne tenaient pas compte du mystère de l’Incarnation, dans son encyclique Haurietis Aquas.
Cependant le droit de l’Église ne reconnaît pas de délit de « faux mysticisme », rappelle le cardinal Fernández. Actuellement, dans les nouvelles normes d’investigation sur les phénomènes surnaturels, publiées en mai dernier, le recours au faux mysticisme est considéré comme « une circonstance aggravante » des délits.
Rome annonce la constitution d’un groupe de travail pour étudier cette question. Ce nouveau délit serait appelé « abus spirituel », le DDF estimant que l’expression « faux mysticisme », utilisée par certains canonistes, est « trop large et polysémique ».
Le groupe, invité à faire « des propositions concrètes » pour cerner ce délit particulier, sera constitué de membres du DDF et du dicastère pour les Textes législatifs, et sera présidé par le préfet de cet organisme, Mgr Filippo Iannone. (cath.ch/imedia /ak/mp)