Le Saint-Siège noue des relations diplomatiques (090292)
Rome, 9 février(APIC) Moins d’un mois après avoir annoncé la reconnaissance de la souveraineté et de l’indépendance de la Slovénie et de la Croatie
- le 13 janvier dernier -, le Saint-Siège a annoncé samedi l’établissement
de relations diplomatiques avec ces deux Républiques de l’ex-Yougoslavie.
Le Vatican a également noué des relations diplomatiques avec l’Ukraine.
Dans les trois cas, les rapports s’établiront au plus haut niveau, avec
l’échange de nonces apostoliques et d’ambassadeurs.
La Croatie est un pays de longue tradition chrétienne, dont les premiers
contacts avec le christianisme remontent au 7e siècle. Convertie
massivement au 10e siècle, elle fut un rempart contre l’islam au temps des
invasions turques (on l’appelait l’"antemurale christianitatis"). Elle
compte aujourd’hui 80 % de catholiques, pour 11 % d’orthodoxes.
L’avènement du communisme au lendemain de la seconde guerre mondiale allait ouvrir ce qu’une notice historique publiée par la salle de presse du
Vatican appelle "une autre page, à la fois triste et glorieuse, de l’Eglise
catholique". Une grande figure domine cette période, celle du cardinal Stepinac, archevêque de Zagreb, "intrépide défenseur des droits de Dieu et de
l’homme, injustement condamné à seize années de réclusion", indique la note
vaticane, en raison de son refus d’ériger une Eglise nationale croate séparée". A la libération, le gouvernement Tito avait accusé Mgr Stepinac de
"collaboration" avec les nazis.
Croatie: après le calvaire, la résurrection
Le Vatican souhaite que "le calvaire du peuple croate, causé par une
guerre cruelle qui a ensanglanté ses régions durant de longs mois, débouche
sur l’aube d’une nouvelle résurrection pour tous les citoyens de cette noble nation".
La Slovénie, de son côté, compte quelque deux millions d’habitants, dont
83 % sont catholiques. Les Slovènes sont entrés en contact avec le christianisme dès la fin du 6e siècle. La Slovénie forme une province ecclésiastique dont le siège métropolitain est Ljubljana, auquel sont rattachés deux
diocèses suffragants, Maribor et Koper.
Le Vatican souhaite que "la nation slovène, en s’inspirant de sa mémoire
enracinée dans le christianisme, pourra bénéficier d’un avenir prospère,
vécu dans la liberté, la paix, la concorde et le respect des droits de
l’homme", que, "fidèle aux meilleures traditions de son histoire longue de
plusieurs siècles, elle pourra offrir une contribution originale à l’Europe
entière".
L’établissement de relations diplomatiques avec l’Ukraine est l’aboutissement d’un dialogue officiel inauguré en 1919 et interrompu par la prise
de pouvoir des communistes soviétiques. Il implique une reconnaissance de
l’indépendance de l’Ukraine, que le Saint-Siège n’avait toujours pas annoncée jusqu’à ce jour. (apic/jt/be)