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    renouent leurs relations diplomatiques

    Le Saint-Siège et la Pologne (170789)

    Rome, 17juillet(APIC/CIP) La Pologne et le Saint-Siège ont décidé de rétablir leurs relations diplomatiques, annonce un communiqué publié conjointement au Vatican et à Varsovie le 17 juillet.

    La décision a été prise, explique le communiqué, en considération de la

    tradition des liens multiséculaires existant entre le Vatican et la nation

    polonaise ainsi que du désir de voir se développer les relations mutuelles

    d’amitié. Un nonce apostolique représentera donc le Saint-Siège à Varsovie

    et un ambassadeur de la République Populaire de Pologne sera accueilli au

    Vatican.

    434 ans de diplomatie

    La première nonciature apostolique permanente en Pologne fut créée au

    XVIe siècle lorsque le pape Jules III nomma le 13 janvier 1555 le premier

    nonce stable : Alvise Lippomano, auquel succéderont de nombreux autres

    émissaires du St-Siège. Mais en 1795, à cause du partage de la Pologne

    entre la Russie, l’Autriche et la Prusse, le nonce à Varsovie, Laurenzo

    Litta, dut quitter la Pologne.

    Pendant environ 120 ans, il n’y eut pas de représentation pontificale à

    Varsovie. Ce n’est qu’au moment où la Pologne retrouvera son indépendance

    après la première guerre mondiale qu’on rouvrit la nonciature. Mgr Achille

    Ratti, qui allait ête élu pape le 6 février 1922 sous le nom de Pie XI, fut

    nommé nonce à Varsovie en juin 1919 et resta dans la capitale polonaise

    jusqu’à sa nomination comme archevêque de Milan deux ans plus tard.

    De nouvelles difficultés sont survenues avec la seconde guerre mondiale.

    Mgr Filippo Cortesi, nommé nonce en Pologne en 1936, se vit obligé, à cause

    du début des hostilités, de quitter son siège en septembre 1939. Il

    conservera néanmoins son titre jusqu’à sa mort en 1947.

    A la fin de la guerre, le Conseil des ministres du gouvernement

    provisoire d’unité nationale à Varsovie dénonça le concordat de 1925 avec

    le Saint-Siège. Cette décisoin tomba le 12 septembre 1945. Les autorités de

    Varsovie expliquèrent que le Saint-Siège n’avait pas observé certaines des

    normes du concordat durant l’occupation de la Pologne par les nazis. Le

    Vatican toutefois réfuta ses arguments. On pouvait lire à l’époque dans un

    article de "L’Osservatore Romano" que le Vatican n’était pas resté inactif

    durant la guerre pour protéger "les droits sacrés" du peuple polonais. Et

    l’article d’insister : "C’est précisément pour une défense juste du

    légitime sentiment national auquel sont profondément attachées des

    aspirations religieuses de la plus haute importance que le Saint-Siège

    s’est opposé et a résisté vigoureusement aux prétextes du gouvernement

    national socialiste, qui voulait imposer en Pologne la nomination d’évêques

    ou de prélats allemands."

    Dans l’après-guerre, il y eut entre le Saint-Siège et la Pologne

    différentes tentatives de rapprochement. En 1967, Mgr Agostino Casaroli,

    l’actuel secrétaire d’Etat du Vatican qui était alors sous-secrétaire pour

    les Affaires Ecclésiastiques extraordinaires, fit par trois fois une visite

    à Varsovie. Et en 12 novembre 1973, le ministre polonais des Affaires

    Etrangères Stefan Olszowski fut reçu en audience privée par le pape Paul

    VI. Un an plus tard, Mgr Casaroli se rendit à son tour en Pologne. Au terme

    de cette visite fut exprimé le désir de développer des relations

    diplomatiques réciproques.

    Ce développement des relations a reçu une impulsion importante avec le

    protocole signé le 6 juillet 1974 en vue de contacts permanents de travail

    entre les deux délégations créées à ce propos. La délégation actuelle du

    Vatican est dirigée par Mgr Francesco Colasuonno, nonce apostolique avec

    charge spéciale pour les pays de l’Est. A la suite du protocole de juillet

    1974, plusieurs visites mutuelles ont eu lieu entre le Vatican et Varsovie.

    L’élection d’un pape polonais et son triple voyage dans sa patrie en

    1979, 1983 et 1987, et l’accueil au Vatican du général Jaruzelski, reçu en

    visite officielle le 13 janvier 1987, tout cela a contribué à la reprise

    des relations normales entre le Saint-Siège et la Pologne.

    Le climat actuel en Pologne a également facilité les rapprochements avec

    le Vatican. Il suffit de songer aux résultats de la table ronde entre le

    gouvernement et l’opposition, entre autres aux élections partiellement

    libres à la Chambre et entièrement libres au Sénat, à la reconnaissance du

    syndicat "Solidarité", puis aux réformes politiques et économiques en

    cours. (apic/cip/mg)

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