Le prochain conclave n’aura peut-être pas lieu au Vatican (080390)
Rome, 8mars(APIC/CIP) "Il est possible qu’à l’avenir le conclave en vue
de l’élection du pape n’ait plus lieu au Vatican", a déclaré le cardinal
brésilien Agnelo Rossi, 76 ans, doyen du Collège des cardinaux, dans une
interview accordée à l’hebdomadaire de "Communion et Libération" "Il Sabato"
Quelle peut en être la raison ? Des difficultés d’ordre logistique qui
risquent de s’aggraver au cas, "prévisible", où le nombre maximum de cardinaux pouvant participer à l’élection du pape serait augmenté, explique le
cardinal Rossi. Lors d’un consistoire secret tenu le 5 novembre 1973, Paul
VI avait fixé ce nombre à cent vingt. Déjà au lendemain de la mort de Paul
VI et de Jean Paul Ier, le cardinal Rossi avait suggéré de tenir le conclave dans le Collège de la Propaganda Fide, sur le Janicule, l’une des sept
collines de Rome. La proposition avait été repoussée par le cardinal Jean
Villot, secrétaire d’Etat, qui estimait que cette rupture avec la tradition
décevrait la population romaine et les nombreux pèlerins qui se massent sur
la place Saint-Pierre pour guetter la fumée noire (en cas de non-élection)
ou blanche (en cas d’élection), une tradition solidement établie. C’est en
vain que le cardinal Rossi a tenté d’expliquer au secrétaire d’Etat de
l’époque qu’il n’était nullement question de remettre en cause cette tradition. Le cardinal Rossi précise toutefois que le règlement qui régit
l’élection du pape ne dit nulle part que le conclave doit obligatoirement
se tenir dans la Chapelle Sixtine.
"L’Eglise est très pauvre"
S’exprimant à propos de la situation économique de l’Eglise, le cardinal
Rossi, qui était jusqu’au 6 décembre 1989 président de l’Administration du
patrimoine du Siège Apostolique, affirme que "l’Eglise n’est pas pauvre,
elle est très pauvre", particulièrement par rapport à la richesse dont font
étalage des dénominations religieuses de moindre importance, comme les Mormons ou la secte du Révérend Moon. Et de citer des chiffres : les deux millions d’Adventistes des Etats-Unis donnent plus d’argent à leur Eglise que
ne le font les 800 millions de catholiques de par le monde.
Ce qui sauve le Saint-Siège, affirme le cardinal, est le fait que les
frais qu’entraîne le gouvernement de l’Eglise sont nettement inférieurs à
ceux de la plupart des organismes gouvernementaux. Il cite un exemple : "Le
Saint-Siège, avec tout son personnel diplomatique dans plus de cent nations
au monde, a un budget inférieur à la moitié de celui du Parlement italien"
(630 députés et 315 sénateurs)
Evoquant l’implication de l’Institut des Oeuvres de Religion (IOR) dans
la banqueroute frauduleuse du Banco Ambrosiano de Roberto Calvi, le doyen
du Sacré-Collège fait de la banque du Vatican "le bouc émissaire" d’une affaire montée par des hommes politiques de divers partis et par "des forces
hostiles à l’Eglise, comme la franc-maçonnerie", dont le principal objectif
était de discréditer le pape.
Interrogé sur la situation dans son pays, le Brésil, le cardinal a dit
son impression que la théologie de la libération va vers "un inexorable
déclin". "Certes, ce courant de pensée jouit encore de quelques appuis
importants au sein de la Conférence épiscopale brésilienne, et encore plus
dans la presse internationale, affirme-t-il. Mais le peuple s’est rendu
compte de la tromperie". (apic/jt/cip/cor)