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    Le procès de l'Immeuble de Londres a repris le 28 septembre 2022 © Vatican Media

    Le procès tentaculaire de l'affaire 'de l'immeuble de Londres' reprend

    Dès 2018, le pape François aurait été « bien informé » du déroulement de l’affaire dite ‘de l’immeuble de Londres’, a déclaré un témoin lors de la 43e audience du procès au Vatican, le 12 janvier 2023. Le pontife aurait fait en sorte que le bien immobilier ne soit pas repris par le fonds Centurion, géré par Enrico Crasso, un financier ayant travaillé avec le Saint-Siège pendant 30 ans et aujourd’hui mis en cause par l’accusation.

    L’audience a été principalement consacrée à l’audition de l’avocat Manuele Intendente, qui venait témoigner pour la première fois. Ce dernier a expliqué avoir pris connaissance de l’affaire de Londres lors d’un aperitivo avec Fabrizio Tirabassi, en octobre 2018. Tirabassi lui avait alors confié que la secrétairerie d’État – de laquelle il gérait les investissements – avait des problèmes avec le gestionnaire du fonds qui possédait l’immeuble de Londres, le financier italo-britannique Raffaele Mincione. Manuele Intendente aurait alors introduit un de ses clients, Gianluigi Torzi.

    Cet homme d’affaire originaire de Molise est finalement choisi par le Saint-Siège pour mener l’opération de reprise de contrôle du bien immobilier lors d’un déplacement à Londres fin novembre 2018. Intendente était présent – passivement, selon lui. L’avocat a affirmé que ce voyage n’avait pas été organisé à l’origine pour signer un contrat de transfert de la propriété, confirmant le témoignage du témoin clé Mgr Alberto Perlasca.

    En revanche, Manuele Intendente a assuré que ce dernier, responsable des affaires financières de la secrétairerie d’État, était pressé de signer une fois le contrat prêt, contrairement à ce qu’il avait affirmé au tribunal en novembre dernier. Le contrat s’avérera une catastrophe pour le Saint-Siège, qui, en cédant 1'000 actions à Torzi, lui a donné le contrôle du bien. Pour le rendre, le courtier molisan aurait alors demandé 30 millions d’euros au Vatican – une tentative d’extorsion selon l’accusation.

    Le Saint-Siège ne souhaitant pas payer la somme, Intendente a participé, en tant que représentant de Gianluigi Torzi, à deux réunions avec le pape François quelques jours plus tard afin de trouver une solution. Outre celle du 26 décembre 2018, déjà évoquée lors de précédentes audiences, une autre rencontre avec le pontife s’est déroulée un peu avant.

    Le pape François ne voulait pas que Centurion reprenne l’immeuble

    Lors de cette réunion à la Résidence Sainte-Marthe, « j’ai eu la confirmation que les 1'000 actions ne devaient pas être transférées à Centurion », a expliqué Manuele Intendente. Le fonds maltais Centurion, fondé par Enrico Crasso – un financier aujourd’hui sur le banc des accusés –, a servi à gérer des investissements de la secrétairerie d’État dans le passé. Selon Manuele Intendente, ce serait le pape en personne qui aurait émis le souhait de ne pas avoir recours au fonds d’investissement maltais. Il a estimé que le pontife était « bien informé » sur le contexte de l’affaire.

    Moins de deux ans plus tard, le 25 août 2020, le pape François a explicitement ordonné à la secrétairerie d’État de se défaire de leurs actifs – citant en particulier ceux confiés au fonds Centurion et les « investissements de Londres » – et de les remettre à la banque centrale du Vatican (APSA).

    Lors de l’audience, le tribunal a enfin entendu la fin du témoignage du professeur d’économie Renato Giovannini. Comme Manuele Intendente, ce dernier était en contact avec le courtier molisan Gianluigi Torzi : certaines discussions qu’ont échangées les trois hommes sur un groupe Whatsapp nommé « I Magnifici tre » – ‘Les trois Magnifiques’ – sont présentes dans les actes du procès.

    Audience attendue le 13 janvier

    L’audience du 13 janvier est particulièrement attendue, avec la confrontation des témoignages de Genoveffa Ciferri et de Francesca Immacolata Chaouqui. L’accusation, qui a annoncé avoir lancé une enquête parallèle sur ces deux femmes, les suspecte d’avoir influencé le témoin clé Mgr Alberto Perlasca. Genoveffa Ciferri, une amie de Mgr Perlasca, accuse pour sa part Francesca Chaouqui – un personnage bien connu des vaticanistes, qui a été condamné dans le passé par la justice vaticane dans l’affaire des Vatileaks – de l’avoir manipulée.

    Le président du tribunal du Vatican, Giuseppe Pignatone, a indiqué qu’un mémoire à propos des deux femmes avait été déposé par la journaliste Maria Giovanna Maglie – une proche de Francesca Chaouqui, à qui elle a présenté Genoveffa Ciferri – et qu’il annoncerait le lendemain s’il comptait ou non les ajouter aux actes. (cath.ch/imedia/cd/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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