Le Prix Carter-Ménil à titre posthume aux jésuites de l’UCA (300791)
San Salvador, 30juillet(APIC) Le sixième Prix de la Fondation Carter-Ménil des droits de l’homme a été attribué à titre posthume aux six prêtres
jésuites assassinés par des militaires salvadoriens le 16 novembre 1989 à
l’Université centro-américaine UCA de San Salvador. Récompensés pour leur
engagement résolu en faveur des droits de l’homme, les lauréats recevront
leur Prix le 8 décembre prochain.
D’un montant de 100’000 dollars, le Prix Carter-Ménil sera remis à
l’Institut des droits de l’homme de l’UCA par l’ancien président américain
Jimmy Carter et Mme Dominique de Ménil, présidente de la Fondation CarterMénil, lors d’une cérémonie qui aura lieu dans la chapelle Rothko de
Houston.
Les Pères Ignacio Ellacuria, recteur de l’UCA, Ignacio Martin Baro, psychologue, Segundo Montes, directeur de l’Institut des droits de l’homme de
l’Université, Juan Ramon Moreno, professeur de philosophie et auxiliaire à
la direction du Centre de réflexion théologique Oscar Romero, Amando Lopez,
théologien et Joaquin Lopez y Lopez, directeur de "Foi et Joie", un réseau
national de programmes post-scolaires pour enfants ont été récompensés pour
leur engagement résolu et leur dévouement inlassable en faveur des droits
de l’homme et du changement social au Salvador. Huit des neufs militaire
salvadoriens accusés, dont un colonel, sont en prison en attendant leur
procès, qui devrait avoir lieu en septembre.
Selon Jimmy Carter, "les six hommes que nous voulons honorer faisaient
partie des défenseurs les plus actifs et les plus éloquents d’une société
de justice et de paix. Ils plaidaient pour des réformes décisives, indispensables à leurs yeux à la construction d’une telle société, et c’est leur
engagement dans ce combat qu’ils ont payé de leur vie. En mettant en relief
l’histoire des crimes contre les droits de l’homme au Salvador, ce Prix regarde aussi vers l’avenir. En poursuivant la tâche de leurs frères assassinés, les jésuites et l’Université centro-américaine ouvrent une voie nouvelle pour ce pays".
Pour Mme Dominique de Ménil, "le meurtre des jésuites a une signification importante pour le peuple du Salvador. Il symbolise en effet la dernière décennie de violence brutale qui a coûté la vie à 70’000 Salvadoriens
et, en même temps, l’impunité des militaires de l’armée salvadorienne".
(apic/dial/sjb)