affirme le patriarche chaldéen de Bagdad Raphaël Ier Bidawid
"La résistance continuera jusqu’à la fin du monde !"
Rome, 17janvier(APIC) "Nous avons espéré jusqu’à hier soir qu’il n’y aurait pas la guerre, mais maintenant qu’elle a éclaté, elle ne s’arrêtera
pas, même avec la mort du président Saddam Hussein, parce qu’il est devenu
un symbole de résistance nationale pour toute la nation arabe", a déclaré
jeudi à l’agence APIC à Rome le patriarche catholique chaldéen Raphaël I
Bidawid, qui est arrivé mardi de Bagdad pour une délicate "mission de paix"
qui le mènera à Genève, puis en Allemagne, en France, en Angleterre et aux
USA.
Le patriarche de Babylone des Chaldéens, chef de file des quelque 500 à
800’000 chrétiens vivant en Irak, réside en temps normal à Bagdad et il
passe pour être proche de Saddam Hussein. Il sera reçu samedi en audience
par le pape Jean Paul II. A la tête d’une délégation d’Eglises d’Irak composée de l’archevêque arménien orthodoxe Avak Asadourian et du métropolite
assyrien (nestorien) Georges Sliwa, Mgr Bidawid va visiter les principales
organisations chrétiennes en Europe et aux Etats-Unis comme le Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève, les Conférences épiscopales et les
Conseils d’Eglises des pays qui ont envoyé des troupes dans la région du
Golfe, ainsi que des personnalités politiques, le parlement européen et
l’ONU. Malgré le déclenchement des hostilités, il considère que sa "mission
de paix" n’en est que plus urgente.
"La vendetta sicilienne n’est rien à côté de la vengeance arabe"
"Le président Saddam Hussein est disposé à combattre jusqu’à la mort,
cela, j’en suis sûr", lance le patriarche, qui souligne que les soldats musulmans sont prêts à mourir dans la "djihad". Les chrétiens irakiens sont
des citoyens loyaux, affirme-t-il, "et ils se battront également pour la
défense de la patrie, c’est un devoir sacré". "Vous ne connaissez pas les
Arabes, ils ne pardonneront jamais, la vendetta sicilienne n’est rien à côté".
De l’avis du chef de l’Eglise chaldéenne, Saddam Hussein n’a aucune
chance de gagner la guerre, mais il peut la prolonger, "et je crains que la
guerre ne s’étende et qu’il y ait des surprises non seulement au MoyenOrient, mais également ailleurs". Personnellement, il ne souhaite pas que
la résistance se prolonge, car il veut la paix, "mais la paix dans
l’honneur". Et cette paix dans l’honneur, ce serait pour lui l’offre d’une
conférence internationale pour régler tous les problèmes de la région Koweit y compris - "car le droit international ne se divise pas et devrait
s’appliquer à tout le monde!" (apic/be)