Le président de l’Autorité de Palestine Mahmoud Abbas sera reçu par le pape François le 12 décembre 2024. Si l’homme d’État de 89 ans est déjà venu régulièrement au Vatican pour rencontrer François – et avant lui Benoît XVI –, il s’agira de sa première visite depuis l’attaque islamiste du 7 octobre 2023 en territoire israélien, qui a déclenché une guerre meurtrière à Gaza.
Cette audience marquera la septième rencontre entre Mahmoud Abbas et le pape François: outre leur entrevue en 2014, lors du voyage apostolique en Terre Sainte, le président palestinien est déjà venu à cinq reprises au Vatican depuis l’élection du pontife argentin. Il a notamment inauguré le 14 janvier 2017 une ambassade de Palestine près le Saint-Siège – celui-ci reconnaissant l’État de Palestine depuis 2015 – et a participé à la prière pour la paix du 8 juin 2014 dans les Jardins du Vatican, au côté du président israélien feu Shimon Peres.
Depuis la dernière visite du leader palestinien en 2021, la situation en Terre sainte s’est tragiquement détériorée. L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a déclenché une réponse massive d’Israël dans la bande de Gaza – où le ministère de la santé du Hamas fait état de plus de 44.00 victimes – et l’embrasement de toute la région du Proche-Orient.
Mahmoud Abbas et le pape François s’étaient entretenus au téléphone le 2 novembre 2023 pour échanger sur la situation. Le 22 novembre suivant, le père Ibrahim Faltas, vicaire de la Custodie de Terre Sainte à Jérusalem, avait remis au pontife une lettre du président palestinien. « Ils sont amis, le pape et le président s’apprécient, s’appellent et s’écrivent », avait alors confié le franciscain aux médias du Vatican.
Polémique autour d’une crèche palestinienne au Vatican
La venue de Mahmoud Abbas a lieu alors que vient de surgir une polémique autour de la crèche de la salle Paul VI du Vatican – où le pape tient ses audiences générales en hiver –, inaugurée le 7 décembre dernier. Intitulée la « Nativité de Bethléem 2024 », cette crèche conçue par deux artistes de Bethléem, Johny Andonia et Faten Nastas Mitwasi, représente l’Enfant Jésus reposant sur un keffieh, le foulard traditionnel noir et blanc utilisé par les Palestiniens comme symbole national.
Cette crèche a pour but de rappeler que la Terre sainte « est le théâtre quotidien de destructions, de conflits, de deuils et de violences », avait expliqué le Vatican en la présentant. Mais la présence du keffieh, devant lequel le pape s’est recueilli, a déclenché de vives critiques. Le quotidien Times of Israel a ainsi dénoncé une œuvre «provocatrice».
Depuis le déclenchement des hostilités, le pape n’a cessé d’appeler à déposer les armes, à garantir l’accès à une aide humanitaire à Gaza, et à libérer immédiatement les otages israéliens. Mais la voix du Saint-Siège, qui plaide inlassablement pour la coexistence des deux États palestinien et israélien, peine à se faire entendre. Et si le pontife a reçu à plusieurs reprises des familles d’otages israéliens, ses récents propos évoquant la perspective d’un « génocide » en cours dans la bande de Gaza, ont soulevé la protestation d’Israël. (cath.ch/imedia/ak/mp)