Le nouvel accord reconnaissant la personnalité juridique de l’Eglise catholique en Angola a été au cœur des échanges entre le pape François et le président angolais, João Manuel Gonçalves Lourenço, lors de leur rencontre au Vatican le 12 novembre 2019.
Cet accord permet à
l'Eglise d'exercer librement sa mission dans ce pays lusophone situé au sud-ouest
de l'Afrique. Le pontife argentin a reçu le président angolais dans sa
bibliothèque du Palais apostolique. Il s’agit de la première rencontre entre
les deux chefs d’Etat. João Manuel Gonçalves Lourenço dirige l'Angola depuis
2017.
Accord bilatéral signé en septembre
Durant ce tête-à-tête,
les deux hommes ont d’abord évoqué l’accord bilatéral signé le 13 septembre 2019
entre les deux Etats. Permettant à l’Eglise catholique d’exercer librement sa
mission, ce traité a pour objectif le "bien-être moral, spirituel et
matériel" de la personne humaine dans le pays. Les bonnes relations entre
l’ancienne colonie portugaise et l’Eglise catholique ainsi que la contribution
de cette dernière ont été soulignées à cette occasion.
L’évêque de Rome et João
Manuel Gonçalves Lourenço ont également discuté du contexte social du pays et
des efforts effectués en faveur du développement et du maintien de la paix
sociale. Cet Etat africain demeure fortement marqué par une longue guerre civile,
qui s’est déroulée de 1975 à 2002. Près de 20 ans après ce conflit, le pays
doit encore éliminer un million de mines antipersonnel jonchant son territoire.
Dans un entretien accordé
à Vatican News, le président João
Lourenço a également souligné l'impact de l'Eglise catholique en Angola,
notamment dans la recherche de solutions aux défis auxquels le pays est
confronté, notamment la crise économique et les graves sécheresses cycliques
dans les provinces du sud du pays. "L'Eglise catholique a été et est
toujours un grand partenaire, toujours présente dans tous les coins du
pays", a souligné le président angolais.
La Vierge de Muxima, lien entre le pape François et l'Angola
Après cet échange, le nouveau sous-secrétaire du Vatican pour les relations avec les Etats, Mgr Miroslaw Stanislaw Wachowski, s’est ensuite entretenu avec le ministre des Affaires étrangères, Manuel Domingos Augusto. Pour ce Polonais, qui a pris la suite de Mgr Antoine Camilleri en octobre, il s’agit de sa première rencontre avec un chef d’Etat dans le cadre de ce poste.
Trois semaines avant son
élection au trône de Pierre, le pape François avait joué un rôle déterminant
dans le processus d’intronisation au sanctuaire de Lujàn, en Argentine, d’une
réplique de l’image de la Vierge de Muxima, Nossa
Senhora da Conceição da Muxima, abritée dans un sanctuaire situé au sud de
l'Angola. Cette madone est tout particulièrement vénérée dans le pays et fait
l’objet d’un pèlerinage historique dans ce sanctuaire considéré par beaucoup
comme le plus grand espace de dévotion mariale en Afrique subsaharienne. (cath.ch/vaticannews/imedia/cg/be)