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    Un gouvernement sans grands moyens d’agir, sans pouvoir non plus

    Le Premier ministre Malval entre le vouloir et le pouvoir (101193)

    Paris, 10novembre(APIC) Rétablir la démocratie en Haïti? Oui, mais comment... De l’aveu même du Premier ministre Robert Malval, le gouvernement

    n’a pas les moyens de rassembler ses forces et de les organiser pour faire

    échec aux différents groupes armés qui tentent de le déstabiliser. Pas davantage qu’il n’a les moyens économiques pour mener à bien une politique

    sociale, pas plus qu’il ne dispose des moyens de communication dont il aurait besoin.

    Dans une interview accordée à l’Agence DIAL (Diffusion et information

    sur l’Amérique latine, à Paris), Robert Malval, nommé Premier ministre par

    le président Aristide le 24 juillet dernier et approuvé dans cette fonction

    un mois plus tard par le parlement haïtien, donne son point de vue... sur

    les conditions à remplir pour parvenir au rétablissement de la démocratie.

    Dans cette interview, Robert Malval évoque les obstacles, mais aussi les

    espoirs dans le processus en cours "devant aboutir au retour du président

    Aristide. Les obstacles sont nombreux et revêtent un triple aspect politique, social et psychologique. Le gouvernement, avoue-t-il n’a pas les moyens de rassembler ses forces et de les organiser pour faire échec aux différents groupes armés qui tentent de le déstabiliser, "souvent avec la complicité de certaines unités des Forces armées d’Haïti".

    Selon le Premier ministre, le gouvernement n’a pas davantage les moyens

    économiques de mener une politique sociale qui lui permettrait de soulager

    les souffrances d’une population réduite à une misère extrême. Pas plus

    qu’il ne possède les moyens de communication dont il aurait besoin pour

    contrer "une campagne systématique de désinformation visant à créer

    l’impression ou à donner la perception de son impuissance".

    Les forces démocratiques jouissent en revanche de deux atouts majeurs,

    estime R. Malval: "L’appui inconditionnel de la communauté internationale

    et le fait que les forces obscurantistes qui s’opposent au processus n’ont

    aucune option ni aucune alternative à offrir au pays. Leur violence peut

    être comparée aux spasmes d’un bête mourante. Elle est tragique et inacceptable et ne peut les conduire qu’à l’impasse".

    A contre-courant

    Pour le Premier ministre, "la démocratie ne peut reposer que sur un consensus et le consensus ne peut s’obtenir que par le compromis historique

    entre toutes les forces démocratiques". Il faut, explique-t-il, "un dénominateur commun, qui est la volonté de résister fermement et pacifiquement au

    fascisme". Selon lui "l’élargissement du pouvoir est un des moyens les plus

    sûrs d’institutionnaliser la démocratie et de la rendre irréversible".

    Deux ans après le coup d’Etat, Robert Malval voit dans celui-ci un coup

    d’arrêt à ce que ses promoteurs qualifiaient de "dérive lavalassienne".

    "Son projet, dit-il, était de revenir à un statut quo ante dans un monde en

    pleine mutation. Ceux qui l’ont conçu n’avaient ni l’étoffe des visionnaires, ni le talent d’hommes d’Etat, ni le sens de l’histoire, qui leur aurait montré qu’ils allaient à contre-courant".

    A propos de l’attitude de l’Eglise, que "DIAL" évoque en posant la question en ces termes: "Si, comme on le dit ici, l’Eglise officielle a soutenu

    le putsch, l’Eglise des pauvres a été persécutée. Compte tenu de la culture

    haïtienne et de l’histoire récente, comment voyez-vous le problème aujourd’hui? Comment apurer le contentieux? Comment remobiliser toutes les

    forces pour répondre aux vrais problèmes: la violence et la misère?", Robert Malval répond: "L’impopularité actuelle de l’Eglise officielle est imputable à ses prises de position au moment où le peuple haïtien avait besoin de son soutien moral. Mais l’affaiblissement de l’Eglise n’est pas une

    bonne chose pour l’avenir de notre démocratie et il serait souhaitable que

    les différents courants qui la traversent retrouvent le dialogue".

    "Les uns doivent se réconcilier avec la grande masse des pauvres, poursuit-il, et les autres doivent laisser de côté leur rhétorique de croisade

    pour donner à l’Eglise une nouvelle chance d’être un des axes de stabilité

    de notre société et de se mettre, grâce à ses structures, une fois de plus

    au service des plus faibles. Dans notre politique de rassemblement, l’Eglise est une des pièces essentielles. Divisée, elle perdra de son prestige et

    de son efficacité". (apic/dial/pr)

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