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    isoler l’Eglise dissidente ENI-95-0322çF

    Le plan de réunification de deux Eglises orthodoxes d’Ukraine pourrait

    Varsovie, le 8 décembre (ENIçJonathan Luxmoore) - Les deux plus grandes

    Eglises orthodoxes d’Ukraine ont décidé de mettre sur pied une commission

    qui sera chargée de préparer la voie vers la réunification.

    Cependant, à Kiev, certaines sources soulignaient qúaucun engagement ferme

    n’avait encore été pris. Plusieurs commentateurs doutent d’ailleurs de la

    viabilité de cette proposition.

    Les chrétiens orthodoxes d’Ukraine - près de 20 pour cent des 52 millions

    d’habitants que compte la République sont orthodoxes - se répartissent en

    trois Eglises rivales: l’Eglise orthodoxe d’Ukraine, restée loyale au

    Patriarcat de Moscou; l’Eglise orthodoxe ukrainienne dissidente - dite

    Patriarcat de Kiev; et l’Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne.

    Cette rivalité a été déclenchée, après la chute de l’Union soviétique, par

    les efforts de ceux qui, soutenus d’ailleurs par des nationalistes

    ukrainiens, visaient à mettre en place une Eglise orthodoxe n’ayant aucun

    lien avec l’Eglise orthodoxe russe.

    Le projet de création d’une commission a été approuvé lors d’entretiens

    entre des représentants de l’Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne et de

    l’Eglise orthodoxe d’Ukraine - Patriarcat de Moscou, à la suite d’une

    réunion du Synode de l’Eglise autocéphale, tenue à la fin novembre à Kiev.

    L’Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne, qui a repris ses activités en

    1988 après avoir été interdite pendant soixante ans par le régime

    communiste, était à l’origine la plus petite des trois Eglises d’Ukraine.

    Mais elle est devenue la deuxième en importance lorsque quatre évêques

    influents, refusant d’accepter l’élection de Philaret Denisenko comme

    patriarche, ont quitté, avec leurs fidèles, l’Eglise orthodoxe ukrainienne

    dissidente en octobre.

    Philaret, qui, en tant que métropolite de Kiev, avait dirigé l’Eglise

    orthodoxe russe en Ukraine pendant presque trente années sous le régime

    soviétique, avait été démis de ses fonctions en juin 1992 par le Synode de

    l’Eglise orthodoxe russe réuni à Moscou pour avoir "enfreint le droit

    canonique" - jugement renforcé par l’excommunication après la formation de

    l’Eglise dissidente la même année.

    Après son élection en octobre de cette année à la tête de l’Eglise

    dissidente, Philaret avait déclaré qúil s’efforcerait d’obtenir

    l’unification entre son Eglise et l’Eglise orthodoxe autocéphale

    ukrainienne, avant d’entamer des négociations avec l’Eglise orthodoxe

    d’Ukraine, dépendant du Patriarcat de Moscou.

    Cependant, d’autres défections survenues récemment devraient, selon

    certains observateurs, isoler encore plus Philaret et diminuer son rôle

    dans le cadre d’un projet d’unification.

    Depuis les changements d’octobre, l’Eglise orthodoxe autocéphale

    ukrainienne et l’Eglise orthodoxe ukrainienne dissidente - dite Patriarcat

    de Kiev - déclarent compter respectivement 1 500 et 1 100 paroisses; quant

    à l’Eglise orthodoxe d’Ukraine, dépendant du Patriarcat de Moscou - la

    seule des trois Eglises à être considérée comme canonique par les

    responsables d’Eglises orthodoxes d’autres pays - elle en compte 6 000.

    Lors d’un entretien accordé à la fin novembre à Istanbul au journaliste

    d’ENI, le patriarche oecuménique, Bartholomée Ier, avait déclaré qúil

    reconnaissait seulement l’Eglise ukrainienne liée au Patriarcat de Moscou,

    et déplorait profondément le schisme qui s’était produit en Ukraine.

    Quant au rédacteur de l’hebdomadaire Ukrainski Slovo de Kiev, Miroslav

    Verbovy, il a exprimé certains doutes quant aux chances d’aboutissement de

    ce projet d’unification.

    "Même si, indubitablement, Philaret se trouve dans une situation difficile,

    il se peut que l’avenir de son Eglise ne soit pas aussi sombre", a-t-il

    dit, évoquant une possible résistance de membres de l’Eglise orthodoxe

    autocéphale au projet d’unification avec l’Eglise orthodoxe d’Ukraine

    dépendant du Patriarcat de Moscou. "Etant donné la disparité énorme

    concernant le nombre des fidèles entre les deux Eglises, une fusion

    signifierait clairement l’absorption de l’Eglise autocéphale par l’Eglise

    orthodoxe d’Ukraine. C’est pourquoi une coalition contre Philaret pourrait

    se révéler impossible." (652 mots)

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