Le Père Raymond Fuchs au Centre universitaire de Lausanne (180592)
Lausanne, 18mai(APIC) Le Centre Universitaire catholique de Lausanne
(CUC) recevait vendredi soir le Père Raymond Fuchs, jésuite de Nancy. Dans
une ambiance bon enfant, ce dernier a mis en évidence de troublantes analogies, fortuites peut-être, qui existent entre la découverte du "Nouveau
Monde", il y a 500 ans, et la dernière Exposition universelle du siècle à
Séville. "Il y a 500 ans, le nouveau monde était à inventer. Nous découvrons aujourd’hui que le nouveau monde reste à faire", a déclaré le conférencier.
Tout au long de son exposé, Raymond Fuchs a montré combien l’Exposition
universelle de Séville s’inscrit sous le signe de l’ambiguïté. Science et
technique sont le centre de cette manifestation qui prône la grandeur et la
force de l’Europe. Car "c’est bien l’Europe qui se contemple à travers Séville". Mais, ironie du sort, le pavillon qui devait être l’expression la
plus achevée de notre puissance, le pavillon de la découverte a brûlé. Il
n’est plus aujourd’hui qu’une ruine, dressée au milieu d’autres pavillons.
"Les inventions, on le voit, sont fragiles...Pouvons-nous nous y fier toujours?"
Si l’Europe vieillissante du XVe siècle a "découvert" son salut à travers une extension sur les Amériques, l’Europe de la fin du XXe siècle découvre quant à elle, "le monde fini". Et cela Séville nous le dit". Elle
nous renvoie à notre propre image, dérisoire, d’un monde éternellement parcellaire, nationaliste, raciste. "Séville nous présente la modernité, mise
en scène selon une loi archaïque: celle du lien ethnique". Or il n’est plus
possible, dans un monde où nous ne pouvons plus nous étendre, d’adopter une
"culture pavillonnaire". Nous n’avons plus les moyens d’être mégalomanes,
pour la gloire de quelques-uns.
Rien de neuf n’est exposé à Séville. Tout peut être vu ailleurs, en mieux. les expositions universelles n’ont donc plus de raison d’exister. Cela
aussi Séville nous le dit.
Le Père Fuchs a posé la question: "Qu’attendons-nous pour découvrir le
vrai "Nouveau Monde", celui dont nous sommes toujours éloigné: l’humanité
des hommes? Notre avenir est un chantier, tout comme notre société". Un
théologien du XVe siècle l’avait déjà senti, qui disait des Indiens. "Ils
sont cependant des hommes , et même plus que nous". (apic/fcr/ba)