Condamné par le tribunal correctionnel de Chaumont pour voyeurisme, le père salésien Jean-Marie Petitclerc se voit interdit par sa congrégation de tout contact isolé avec des mineurs.
Prêtre catholique salésien, polytechnicien, écrivain, éducateur spécialisé, expert des questions d'éducation dans les zones sensibles, coordinateur du réseau Don Bosco Action sociale, Jean-Marie Petitclerc est une figure bien connue du monde catholique francophone.
Condamné pour voyeurisme
Mais son nom est aussi apparu dans plusieurs plaintes pour agression sexuelle, rapporte cathobel. Une première fois en 1999 et une deuxième fois en 2014: deux plaintes qui aboutiront à des non-lieux. En février 2024, une nouvelle plainte pour agression sexuelle est déposée par un adolescent contre lui. Dans cette troisième affaire jugée récemment, le tribunal correctionnel de Chaumont relaxera le religieux pour l'agression sexuelle. Mais il le condamnera à six mois de prison avec sursis pour voyeurisme pour être entré "dans la salle de bains de la chambre occupée par [le plaignant] alors qu’il savait ce dernier sous la douche", rapporte le Journal de Haute-Marne. Un jugement duquel le religieux a fait appel, s'estimant "abasourdi" par les accusations portées contre lui.
Principe de précaution
Informé de la citation à comparaître devant le tribunal correctionnel de Chaumont par le Père Jean-Marie Petitclerc lui-même, le Père Xavier Ernst, Provincial des salésiens de Don Bosco pour la France et la Belgique, a immédiatement pris à l'égard de son confrère une mesure conservatoire.
Dans un communiqué, il indique d'abord comme "essentiel" que la parole du jeune ait pu être entendue dans le cadre de l'enquête. "Dans un réseau éducatif comme le nôtre, poursuit-il, ces accusations doivent nous inviter à faire prédominer un principe de précaution. C'est pourquoi, toujours sans méconnaître le droit à la présomption d'innocence dont doit bénéficier le Père Jean-Marie Petitclerc, nous nous devons de maintenir l'interdiction conservatoire de tout contact isolé avec des mineurs jusqu'à ce qu'une décision de justice définitive soit rendue." La congrégation des salésiens a par ailleurs saisi le Tribunal pénal canonique national. (cath.ch/cathobel/mp)