Des convergences, mais aussi des divergences
Rome, 22mars(APIC) Le nouveau "Catéchisme de l’Eglise catholique" laisse
certes apparaître des convergences entre l’Eglise catholique et l’orthodoxie, mais aussi des divergences, en particulier "lorsque le Catéchisme définit le pape comme le principe et le fondement de l’Eglise, doté d’un pouvoir plénier et universel", déclare le patriarche oecuménique de Constantinople, Bartholomaios Ier, dans une interview accordée au mensuel italien
"Trenta Giorni".
Le patriarche de Constantinople, qui passe pour un connaisseur de la
réalité de l’Eglise occidentale, reconnaît que "Vatican II a redécouvert
l’importance du Collège épiscopal", mais, ajoute-t-il, le Concile n’en a
pas tiré toutes les conséquences: "Depuis la réforme grégorienne à Vatican
I, la diaconie de l’Eglise de Rome est devenue un pouvoir absolu. Et Vatican II n’a pas osé établir une véritable interdépendance entre le pape et
les évêques".
"Le catéchisme, fait cependant observer le patriarche, est un recentrage
sur l’essentiel, ce dont les orthodoxes ne peuvent que se réjouir. Il attribue une importance fondamentale aux Pères de l’Eglise (...) Il liquide
les restes d’un augustinisme abâtardi - notamment en ce qui concerne le
sort des enfants morts sans baptême - ainsi que les excès de la conception
de la rédemption selon saint Anselme. Le mystère du Christ, le caractère
central de la résurrection, la participation de l’homme à la vie trinitaire
sont définis avec force et clarté".
Mgr Bartolomaios Ier admire, dans le catéchisme, "la description de la
destinée spirituelle de l’homme en tant qu’image de Dieu", ainsi que la
présentation de l’Eglise "comme mystère du Christ et comme puissance de résurrection dans l’Esprit Saint". Il observe à ce propos: "On suit intégralement le Credo du 7e Concile oecuménique de Nicée (787). Après tant d’hésitation, il s’agit enfin de la pleine réception de ce Concile par l’Eglise
latine".
Divergences doctrinales
Par contre, le patriarche juge "précaire et douteux" le lien établi par
le "Catéchisme" entre les données et la science et les affirmations théologiques sur l’origine du monde et du mal: "Peut-on défendre une conception
traditionnelle du paradis et de la chute sans continuer d’affirmer la mort
en tant que phénomène naturel?" demande-t-il.
A propos de l’eschatologie, ou espérance du Royaume, le patriarche de
Constantinople pose également la question: "Faut-il reprendre sans nuances
les formules individualistes qui remontent, pour l’essentiel, au XIVe siècle. (...) Il s’agit de problèmes fondamentaux pour les hommes d’aujourd’hui, qui oscillent tragiquement entre l’angoisse du néant et les promesses mensongères de la réincarnation".
Enfin, à propos du mariage et du célibat, le patriarche estime qu’"il ne
faut pas exagérer l’importance des différentes disciplines entre le catholicisme et l’orthodoxie". Ce qu’il faut approfondir, conclut-il, "c’est la
convergence dans la foi, dans notre façon d’aller à l’essentiel. La foi pénétrée de charité permettra de surmonter et d’équilibrer les différences".
(apic/cip/pr)