Le patriarche Dimitrios Ier au COE (111287)
Genève, 11décembre(APIC) "Nous déclarons qu’en tant que Patriarcat oecuménique, nous demeurerons fidèles à l’idée oecuménique et à ce Conseil,
qui constitue aujourd’hui son expression par excellence". C’est par ces paroles que Dimitrios Ier a montré l’attachement de l’Orthodoxie au COE et à
sa démarche oecuménique. Vendredi matin 11 décembre, Emilio Castro, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), a reçu officiellement Dimitrios Ier, patriarche oecuménique de Constantinople, au siège de
l’organisation.
Avant les discours, toutes les personnes présentes se sont retrouvées à
la chapelle du COE pour un moment de prière. Il faut noter la présence des
Eglises membres du Rassemblement des Eglises et communautés de Genève
(RECG), et en particulier les autorités de l’Eglise Nationale Protestante
de Genève (ENPG) et des évêques Pierre Mamie, représentant aussi la Conférence suisse des évêques, et Mgr Amédée Grab, évêque auxiliaire du diocèse.
Dans son allocution, Emilio Castro a affirmé qu’il accueillait son hôte
avec un sentiment de gratitude et de confiance, car d’une part "votre visite est une occasion de proclamer et de célébrer ensemble devant le monde le
glorieux dessein de Dieu de réconcilier en lui l’oikoumêné, la totalité de
la terre habitée, et, d’autre part, parce qu’ainsi les Eglises et les
chrétiens orthodoxes donnent à travers vous un signe authentique de leur
volonté de continuer leur mission oecuménique et de contribuer au témoignage pan-chrétien dans un monde qui a tant besoin d’unité et d’espoir de
vivre dans la paix et la justice."
Il a par ailleurs rappelé l’initiative de 1920 du patriarcat oecuménique
appelant toutes les Eglises à constituer une "koinonia" de tous les
chrétiens. Après avoir souligné l’appartenance de toutes les Eglises orthodoxes au COE, Emilio Castro a montré les limites actuelles de l’unité car
"la division et l’aliénation nous empêchent de vivre le mystère de la
catholicité dans sa totalité". La responsabilité de cette division revient
à toutes les Eglises, devait-il ajouter.
En outre, il a évoqué les efforts de réflexion théologique du COE à propos du BEM, de l’évangélisation, du Tiers-Monde, du racisme, de la justice
et de la paix. Ce travail du COE ne doit pas faire oublier l’évolution de
l’Eglise orthodoxe et, en particulier, les engagements pris à Chambésy à la
IIIème Conférence pan-orthodoxe de 1986 sur l’Eglise orthodoxe, le mouvement oecuménique, la spiritualité, la paix et le désarmement. A noter encore la reprise de la tradition conciliaire pour l’Eglise orthodoxe.
A la fin de son allocution, Emilio Castro a tenu à souligner avec force
l’importance que l’orthodoxie revêt dans la vie du COE et cela à tous les
niveaux.
Vers l’unité souhaitée
C’est en soulignant l’urgence du mouvement oecuménique comme moyen essentiel pour atteindre un rapprochement entre les Eglises, que Dimitios Ier
a commencé son discours. L’orthodoxie est l’exemple du chemin à suivre car
"elle vit l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique..., c’est là le
modèle qu’il faut utiliser dans la recherche de l’unité".
D’autre part, regrettant que l’unité ecclésiologique et théologique ne
soit pas encore réalisée, le patriarche a mis en évidence le service envers
l’homme contemporain que les Eglises pouvaient rendre en commun.
Pour Dimitrios Ier l’accord est complet, malgré quelques nuances, entre
le COE et les orthodoxes en ce qui concerne les thèmes de "La justice, la
paix et la sauvegarde de la création" et "du témoignage des Eglises dans le
monde d’aujourd’hui". Par ailleurs, il s’est déclaré intéressé par le dialogue noué par le COE avec les autres idéologies et avec les autres systèmes religieux du monde.
A la fin de son allocution, le patriarche a énuméré les efforts théologiques communs, l’oeuvre de l’Unité I et de la Commission de foi et constitution. Il s’est félicité de la participation de l’Eglise catholique romaine à cette commission et s’est livré à quelques considérations sur le thème
de la "Confession d’une seule et même foi", actuellemenet à l’étude au COE.
La cérémonie s’est terminée par une remise de cadeaux. Emilio Castro a
offert un fac-similé de la lettre de 1920 du patriarche orthodoxe et Dimitrios Ier lui a remis une croix symbole d’amitié. (apic/pp/bd)