sa solidarité avec les Eglises qui "subissent" l’uniatisme
"Je ne pourrai pas poursuivre seul" le dialogue avec l’Eglise catholique
Rome, 4 mars(APIC) Si les Eglises orthodoxes souhaitent interrompre le
dialogue avec Rome, le patriarche oecuménique de Constantinople Bartolomée
Ier ne fera pas cavalier seul. L’avertissement du patriarche oecuménique,
que publiera sous forme d’interview la revue "30 Giorni" dans sa prochaine
édition, s’adresse à l’Eglise catholique. Cela à une dizaine de jours de
l’ouverture du Sommet des 14 primats des Eglises orthodoxes autocéphales et
autonomes. Une rencontre qui s’ouvrira le 15 mars au Phanar (Istanbul),
siège du Patriarcat oecuménique de Constantinople.
Dans cette interview accordée à la veille du dialogue entre le SaintSiège et le Patriarcat de Moscou qui vient tout juste de se conclure à Genève, le patriarche n’occulte pas la réalité: "Il est vrai qu’il existe aujourd’hui une tension dans les relations entre l’orthodoxie et Rome, surtout à cause du problème de la reconnaissance de l’uniatisme dans les pays
de l’Europe centrale et orientale".
Tout en précisant que cette tension n’est pas la cause exclusive de la
convocation de la rencontre des primats orthodoxes, le patriarche oecuménique relève: "Nous sommes affligés devant les développements actuels. (...)
Nous ne voudrions pas que soit anéanti tout ce que, grâce à la prière, nous
avons obtenu à grand peine au cours des dernières décennies".
Le patriarche Bartolomée Ier souhaite l’apaisement, à savoir le retour
dans les rapports entre catholiques et orthodoxes de ce qu’il appelle
"l’esprit de Vatican II". "Personnellement, je désire le dialogue, dit-il,
car je suis convaincu que c’est la meilleure manière de résoudre les problèmes et d’éviter d’en créer de nouveaux". Mais il avertit: "Si la majorité des Eglises orthodoxes, et surtout celles qui subissent l’uniatisme, désirent interrompre le dialogue, je ne pourrai évidemment pas poursuivre
seul. Je ne pourrai pas refuser ma solidarité".
A propos de la collaboration du Patriarcat de Moscou avec le régime
communiste, le patriarche oecuménique s’insurge contre l’acharnement de
certains. "Tout le monde a plus ou moins collaboré avec l’ancien régime,
observe-t-il. Il est injuste qu’une Eglise chrétienne attaque une Eglise
chrétienne soeur parce qu’elle a collaboré avec les communistes, comme si
elle avait été la seule à le faire, pour la discréditer aux yeux des fidèles". A ce sujet, le patriarche dénonce le rôle de Radio Vatican, en particulier lorsque ses émissions dénigrent l’Eglise orthodoxe de Bulgarie et
son clergé. (apic/cip/jt/pr)