Le pape François a enjoint les médecins à ne pas soumettre leur profession « aux intérêts du marché et de l’idéologie », en recevant ce 29 novembre 2024 une délégation du département d’odontologie – médecine dentaire – de l’université de Naples Federico II, établissement prestigieux fêtant cette année ses 800 ans. Il a ainsi rappelé que les malades incurables devaient être accompagnés « jusqu’à la fin ».
Avec plus de 90'000 étudiants, l’université Federico II est l’une des plus grandes de la Péninsule. Ses origines remontant au XIIIe siècle (1224), elle peut se targuer d’être l’ « une des plus anciennes universités du monde », comme l’a souligné le pape dans son discours devant les dentistes.
Durant cette audience, le pape a demandé aux soignants de « ne pas ajouter du mal et de la souffrance à ce que le patient subit déjà ». Il a exhorté à « prendre soin de la personne dans sa totalité, pas seulement une partie ».
Évoquant l’essor de la technologie, le pape a recommandé de ne « jamais se passer de déontologie ». Et d’avertir : « Si elle néglige la dignité humaine – qui est la même pour tous –, la médecine risque de se prêter aux intérêts du marché et de l’idéologie, au lieu de se consacrer au bien de la vie naissante, de la vie souffrante, de la vie démunie ».
« Aucune vie n’est à écarter »
« Le médecin existe pour guérir du mal. Toujours guérir ! Aucune vie n’est à écarter », a martelé François, avant de souligner qu’un patient atteint d’une malade incurable devait être « accompagné jusqu’à la fin ». Durant son pontificat, le pape a régulièrement exprimé son opposition à l’euthanasie et a plusieurs fois dénoncé la privation de traitement que subissent des personnes âgées « pour économiser ».
Le pontife argentin a aussi improvisé quelques paroles pour rendre hommage aux infirmières qui l’avaient entouré dans sa grave maladie de jeunesse, durant laquelle il avait dû subir une ablation d’une partie du poumon. « On me donnait des médicaments mais ce qui me donnait le plus de force, c’était la main des infirmières. […] Cette tendresse humaine fait tellement de bien », a-t-il confié. (cath.ch/imedia/ak/mp)