Le pape Léon XIV a reçu en audience le président de l’Algérie, Abdelmadjid Tebboune, le 24 juillet 2025, au palais apostolique du Vatican. Il est le premier chef de l’État algérien reçu par un pape au Vatican depuis Abdelaziz Bouteflika en 1999.
Cette visite politique exceptionnellement organisée en plein été s’intégrait dans la visite à Rome du président algérien, qui avait participé la veille à une réunion intergouvernementale avec les autorités italiennes. Le président Tebboune avait rencontré le pape François en marge du sommet du G7 à Bari en juin 2024.
Après son entretien avec le pape, le président algérien, qui fêtera ses 80 ans en novembre prochain, a été reçu en secrétairerie d’État par le cardinal Pietro Parolin, accompagné de Mgr Daniel Pacho, sous-secrétaire pour le secteur multilatéral de la section pour les relations avec les États et les organisations internationales.
Cette réunion a permis de souligner "l’importance des bonnes relations diplomatiques entre le Saint-Siège et l’Algérie", indique un bref communiqué, qui ajoute que les deux parties ont abordé "certains aspects de la vie de l’Église dans le pays". Aucun élément précis n’est mentionné, mais l’interdiction de la Caritas dans le pays, en octobre 2022, avait contraint l’Église à redimensionner ses activités sociales et humanitaires, notamment vis-à-vis des migrants africains qui constituent une part importante des communautés catholiques du pays. Les 25 et 26 octobre 2022, la visite à Alger de Mgr Paul Richard Gallagher, le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, avait permis d’améliorer le dialogue entre l’État algérien et l’Église locale.
"L’actuelle situation géopolitique" a également été abordée. Le communiqué ne mentionne aucune situation en particulier mais la guerre de Gaza constitue naturellement un point de préoccupation commune entre le Saint-Siège et l’Algérie.
Les deux parties ont également rappelé "l’importance du dialogue interreligieux et de la collaboration culturelle dans la construction de la paix et de la fraternité dans le monde".
L’Algérie, pays à majorité musulmane, abrite une petite minorité catholique formée essentiellement de migrants et d’expatriés, répartie en quatre diocèses : Alger, Oran, Laghouat (dans le Sahara), et Constantine. Ce dernier diocèse, qui vient de se voir doter d’un nouvel évêque en la personne du Français Michel Guillaud, abrite la ville d’Annaba, l’ex-Hippone dont saint Augustin fut l’évêque de 396 à 430.
La mémoire de saint Augustin
La mémoire de ce Père de l’Église auquel se réfère régulièrement Léon XIV, issu de l’Ordre de Saint-Augustin, pourrait motiver une prochaine visite du pape en Algérie. Certaines rumeurs évoquent la possibilité d’un voyage apostolique en 2026, une année qui coïnciderait aussi avec le 30e anniversaire du martyre des moines de Tibhirine et de l’évêque d’Oran Pierre Claverie, béatifiés en 2018.
Cependant, aucune annonce officielle en ce sens n’a été diffusée dans le contexte de cette visite. Il est probable que plusieurs mois de tractations et de préparation soient nécessaires avant une éventuelle communication à ce sujet.
Avec la Russie, la Chine ou encore le Vietnam, l’Algérie fait partie des principaux pays n’ayant encore jamais reçu de visite papale. Le pape actuel s’y est déjà rendu en tant que prieur général des Augustins, entre autres lors de l’inauguration de la basilique d’Annaba restaurée, en 2013. cette basilique qui porte le nom de saint Augustin avait fait l’objet d’un important chantier de rénovation soutenu conjointement par l’État algérien et par la République française.
La popularité de saint Augustin s’est beaucoup développée ces dernières années en Algérie, notamment dans les milieux intellectuels. Signe tangible de cette renommée : en 2018-2019, sous le patronage de l’ambassade d’Algérie à Paris, une fédération des associations de la diaspora algérienne en France s’est constituée sous le nom de "Cercle Saint-Augustin". (cath.ch/imdia/cv/mp)