En choisissant Santa Maria Regina Pacis à Ostie comme première paroisse de Rome qu’il visitera, le 15 février 2026, Léon XIV entend invoquer la paix, et se rendre dans un lieu symbolique de son maître spirituel saint Augustin.
Dans un entretien à l’agence I.MEDIA, le père Giovanni Vincenzo Patanè, curé de la paroisse, détaille la réalité qui attend le pontife dimanche prochain.
Dans cette église située à deux pas de la rive Tyrrhénienne, desservie par les religieux pallotins, l’évêque de Rome doit rencontrer les enfants et les jeunes, ainsi que les personnes malades, âgées et pauvres, avant de célébrer la messe à 17h.
Vous êtes la première paroisse à accueillir Léon XIV pour une visite pastorale. Quelle a été la réaction des fidèles lorsque vous avez annoncé la nouvelle ?
La réaction des fidèles a été magnifique. Ils ont été très, très heureux. Ce jour-là, il se trouvait que l’évêque de secteur, Mgr Renato Tarantelli Baccari, vice-gérant de Rome, célébrait la messe; c’est lui qui a annoncé dans l’église la visite du pape. Les fidèles se sont répandus en applaudissements, ils étaient remplis de joie. C’était vraiment très beau, très émouvant.
Votre paroisse sera la première étape d’un périple pastoral du pape dans les cinq secteurs de Rome pendant le carême. Pourquoi a-t-elle été choisie pour initier ce parcours ?
Il y a, selon moi, de nombreuses raisons. D’abord, notre église [consacrée en 1928, NDLR] est dédiée à la Reine de la Paix. Elle a été construite à la demande du pape Benoît XV pendant la Première Guerre mondiale, afin d’invoquer le don de la paix et de conjurer d’autres guerres. La raison même d’être de cette église est liée à cet appel à la paix. Et le pape Léon XIV, dès le premier instant où il est apparu à la loggia centrale après son élection, a invoqué la paix. Aujourd’hui, le fait qu’il commence justement ici sa visite pastorale me semble avoir une belle signification: celle de vouloir invoquer, une fois encore, le don de la paix. D’ailleurs, lorsque l’évêque m’a appelé pour me dire : “Nous avons pensé proposer ta paroisse”, c’était surtout en lien avec cet aspect-là.
Léon XIV a-t-il pu choisir votre paroisse également parce qu’Ostie est liée à la vie de saint Augustin — à sa demeure, à sa vision spirituelle — et à sainte Monique ?
Il existe en effet un lien fort avec saint Augustin – ce qui en fait un lieu qui lui est particulièrement cher. C’est à Ostie qu’Augustin a reçu sa vision spirituelle célèbre, et c’est également à Ostie que sa mère, sainte Monique, a vécu et est morte. Ostie a d’ailleurs une particularité par rapport aux autres zones de Rome : elle a son propre saint patron, qui est saint Augustin. Bien que nous soyons une commune de Rome — dont le patron est saint Pierre — nous avons eu, il y a quelques années [2004, NDLR], le privilège d’avoir ce patron spécifique pour Ostie.
Existe-t-il ici une statue ou une relique de saint Augustin dans l’église ?
Dans l’église, il y a un autel qui est dédié à l’évêque d’Hippone, avec un tableau représentant saint Augustin et sainte Monique. Il était évident dès l’origine que ces deux personnages, profondément liés à ce territoire, devaient être présents au sein de cet édifice. Il faut d’ailleurs rappeler que les fondations de l’église ont été réalisées par les Augustins [l’ordre religieux du pape, NDLR], qui avaient reçu initialement la charge de ce projet. La suite des travaux a plus tard été confiée aux Pères pallottins, qui ont achevé la construction et assuré la charge pastorale de la paroisse
D’autres papes ont déjà visité Santa Maria Regina Pacis ?
Nous avons accueilli Paul VI, Jean XXIII, Jean-Paul II, le pape François, et maintenant le pape Léon. Presque tous, en somme, car il s’agit de la paroisse principale d’Ostie. Étant la première église du littoral romain, elle constitue un point de référence pour l’ensemble du territoire et ses habitants.
Combien de personnes sont attendues à la rencontre de dimanche ?
Le territoire de la paroisse compte 26’000 habitants. Les fidèles qui pourront participer à la messe à l’intérieur seront malheureusement limités à 500 personnes, pour des raisons de sécurité et de capacité. Mais nous installerons en plus un grand écran à l’extérieur afin que ceux qui resteront dehors puissent suivre la célébration, car nous sommes certains qu’il y aura une très grande participation.
Quels groupes le pape rencontrera-t-il avant la messe ?
Les groupes présents dans la paroisse sont nombreux : l’oratoire, les scouts, le Chemin néocatéchuménal, l’Action catholique, le Renouveau dans l’Esprit, etc. Principalement, le pape a demandé à rencontrer les enfants du catéchisme et les jeunes de la paroisse. Ils seront 500 à participer à ce rendez-vous à l’extérieur. Ensuite, il a rendez-vous avec les personnes âgées, les malades et les pauvres – environ 250 personnes – dans le gymnase. La visite commencera à 16h et la messe à 17h. Après la messe, le pape se montrera à la foule pour saluer les fidèles restés dehors.
Pouvez-vous nous parler de votre paroisse ?
Pour le curé, la paroisse est un peu comme son épouse. Je dis toujours que Regina Pacis est une belle épouse. Je suis curé ici depuis six ans et demi et j’ai toujours vu beaucoup de personnes de bonne volonté. J’ai vraiment rencontré des gens qui ont le désir de s’engager, de vivre leur foi et de s’investir dans le social. Bien sûr, les difficultés et les problèmes ne manquent pas, mais mon expérience jusqu’à aujourd’hui me montre qu’il y a vraiment beaucoup de personnes de bonne volonté. C’est une paroisse active, vivante, un peu à contre-courant par rapport aux paroisses du centre-ville. La périphérie réussit encore à maintenir un contact plus direct avec le territoire et donc avec les habitants, ce qui nous permet d’avoir une paroisse très fréquentée.
Vous œuvrez avec deux vicaires paroissiaux religieux pallottins comme vous. Quelle est la vocation de votre congrégation ?
La mission des pallottins, au moment de leur fondation [1835, NDLR] avait pour objectif fondamental l’apostolat des laïcs, l’engagement des laïcs au sein de l’Église. Cela est ensuite devenu un patrimoine de l’Église universelle, car avec le Concile Vatican II, l’engagement des laïcs et leur participation active à la vie des communautés ont été reconnus comme un élément central de l’Église. Nous poursuivons notre œuvre principalement dans les paroisses. Les œuvres de charité et l’apostolat avec les laïcs constituent l’aspect principal de ce que nous cherchons à vivre. (cath.ch/imedia/ak/mp)