Le pape Jean Paul II reçoit les évêques de Roumanie (240391)
Première visite "ad limina" depuis 43 ans
Rome, 24mars(APIC) Recevant pour la première fois depuis la chute du régime de Ceaucescu les évêques catholiques de Roumanie pour la traditionnelle visite "ad limina" à Rome - une visite qui n’avait pu s’effectuer durant
43 ans en raison de la persécution religieuse - le pape Jean Paul II leur a
demandé samedi d’apporter leur contribution à la réconciliation de la
société roumaine.
Evoquant "les longues décennies de souffrance et de tribulations" de
l’Eglise en Roumanie, le pape a déclaré qu’il s’agit "comme d’un rêve qui
se réalise". Malgré les préoccupations et les difficultés qui subsistent
dans le pays, il a dit son espoir que l’aube, qui s’est à peine levée en
Roumanie, "préannonce un nouveau jour porteur de justice, de liberté et de
paix".
Jean Paul II a rendu hommage au grand nombre d’évêques, de prêtres, de
religieux et de laïcs qui ont conservé leur foi aux temps de la persécution. Il a rappelé la mémoire de six évêques emprisonnés en 1948, dont
trois - parmi eux le premier cardinal roumain, Mgr Iuliu Hossu - sont morts
en détention.
Le pape a souligné que des "possibilités apostoliques inespérées" s’offrent désormais à la communauté des croyants dans une difficile et délicate
phase de changement social : il s’agit, a précisé le pape, d’offrir une
contribution déterminante à la construction d’une société réconciliée et
solidaire. Il a invité les évêques à reconstruire les structures de leurs
diocèses et de penser ensuite à l’élaboration d’un programme social commun.
Il a exhorté les prélats de rite latin et byzantin à l’unité et leur a
demandé de rechercher des solutions aux difficultés existantes avec l’Eglise orthodoxe, et cela dans le respect mutuel et la compréhension réciproque. Les tensions sont en effet très vives entre uniates et orthodoxes, les
catholiques de rite byzantin exigeant que l’Eglise orthodoxe restitue tous
les biens et édifices reçus des autorités communistes après l’interdiction
de l’Eglise gréco-catholique en 1948, une restitution qui ne se réalise que
très lentement et suscite parfois des actes de violence entre les communautés.
C’est seulement après la chute du dictateur Nicolae Ceaucescu, fin 89,
que la hiérarchie catholique, avec la nomination de onze évêques de rite
latin et de rite byzantin, a pu être restaurée. L’Eglise gréco-catholique
(uniate) de rite byzantin, interdite en 1948 et rattachée de force au Patriarcat orthodoxe de Bucarest, compterait près de 1,5 million de fidèles,
l’Eglise catholique de rite latin 1,3. (apic/cic/jt/be)