"Les futures élections seront une introduction à la démocratie"
Rome, 26février(APIC) Le Père Simon Jubani, 63 ans, l’un des quinze prêtres albanais à avoir survécu à la persécution, a invité le pape à visiter
l’Albanie. Dans une interview publiée par le journal catholique italien
"Avvenire", il annonce que Jean Paul II lui a répondu "qu’il viendra dès
que seront rétablies les relations diplomatiques". Le Père Jubani, visiblement heureux de cette perspective, ajoute: "Peut-être Tirana et le SaintSiège sont-ils déjà en train d’y travailler".
Le Père albanais, qui a été reçu par le pape le 13 février, est ce prêtre qui a célébré au cimetière de Shkoder en novembre dernier, devant plus
de 5’000 fidèles, la première messe publique en Albanie, après 25 ans d’interdiction. Deux mois plus tard, ils étaient plus de dix mille à se presser
dans le même cimetière pour la messe de Noël dont - fait sans précédent des images ont été retransmises par la télévision d’Etat et diffusées ensuite dans le monde entier. Le Père Jubani est aussi le premier prêtre à
avoir été invité à s’exprimer sur les ondes de Radio Tirana, où il a lancé
le 14 décembre dernier un appel au calme dans les remous qui secouaient son
pays.
Le Père Jubani est la cheville ouvrière et l’inspirateur d’un "Parti populaire pour l’union des croyants". Formé au départ d’un noyau de catholiques de Shkoder, ce parti s’est ensuite ouvert aux orthodoxes et aux musulmans. Le Père Jubani a confié à l’"Avvenire" "que les élections devront
être une introduction à la démocratie dans un pays qui après des siècles de
soumission n’a accédé à l’indépendance qu’à la fin de la dernière guerre
mondiale pour aussitôt "retomber dans la tyrannie du communisme".
Le Père albanais fait un tableau sombre de la situation actuelle de son
pays. Il relève qu’aujourd’hui encore tout ce qui regarde la vie politique
est "monopolisé" par le Parti communiste. En outre, la situation économique
est déplorable. Le communisme a instauré le règne de la pauvreté. Tout est
rationné. Il faut faire de longues files, les salaires sont misérables. Les
gens n’ont pas le choix: soient ils fuient, soit ils volent. Personne ne
voit l’avenir avec confiance. Tout le monde vit dans l’insécurité". (apiccip/ba)