A l’occasion de son voyage en Hongrie le 12 septembre 2021 pour clore le 52e Congrès eucharistique, le pape François pourrrait également se rendre en Slovaquie voisine.
La distance relativement faible de 160 km à vol d’oiseau entre Budapest et Bratislava, la capitale slovaque, lui permettrait même d’effectuer le trajet en voiture.
Ni le pontife ni le Saint-Siège n’ont formellement confirmé ce déplacement, mais personne à Rome ne semble le remettre en question à l’heure actuelle. En Slovaquie, un optimisme certain a été affiché depuis la déclaration du pape, le 8 mars 2021, dans l’avion de retour d’Irak,qui avait laissé entendre son intention de se rendre dans le pays.
Dans la presse slovaque, les quelques mots du pape ont été reçus comme une réponse à l’invitation remise par la présidente Zuzana Čaputová en décembre 2020 lors d’une visite au Vatican. Décrivant la venue de l’évêque de Rome dans son pays comme «un symbole d’espoir», cette dernière a affiché publiquement sa confiance dans la réalisation du projet.
Un passage dans la capitale Bratislava
En absence d’officialisation, aucun itinéraire n’a été dévoilé à l’heure actuelle. Cependant, certains lieux clés ont de grandes chances de recevoir le pontife. C’est le cas notamment de la capitale Bratislava, passage systématiquement effectué par les papes dans le passé, ne serait-ce que parce qu’il abrite le seul aéroport international du pays.
Dans la cité danubienne, le pontife devrait être accueilli dans la résidence présidentielle, le palais Grassalkovitch, mais pourrait aussi se rendre à Saint-Martin, la cathédrale gothique confiée à Mgr Stanislav Zvolenský.
En avril, ce dernier avait déclaré dans un média local qu’il pensait que le pontife ne resterait pas longtemps en Slovaquie, en raison du faible temps qu’il compte passer à Budapest. « Il serait disproportionné pour le Saint-Père de prolonger son séjour en Slovaquie alors qu’il ne sera en Hongrie que pour une courte période », avait-il expliqué.
Présences mariales slovaques
Malgré les réserves de l’archevêque de Bratislava, tous les médias nationaux pensent que le pontife quittera la capitale pour se rendre à quelques kilomètres au nord de Bratislava dans un lieu important du catholicisme en Slovaquie, le sanctuaire de Notre-Dame des Sept Douleurs de Šaštín. Situé à proximité des frontières tchèques et autrichiennes et datant du XVIe siècle, et devenu un haut lieu de piété populaire et de pèlerinage après la reconnaissance de guérisons miraculeuses au XVIIe siècle.
Hasard du calendrier ? Un pèlerinage national est prévu à Šaštín le 15 septembre, à un moment où le pontife pourrait encore se trouver en Slovaquie. S’il se rendait dans ce sanctuaire, le pape François marcherait dans les pas de Paul VI, venu en 1964 faire de cette église la première basilique de Slovaquie. Jean Paul II y avait célébré une messe en 1995.
À noter que Šaštín n’est pas le seul sanctuaire marial de Slovaquie. Il en existe deux autres : celui de Marianka à l’ouest de Bratislava qui est le plus ancien du pays, mais surtout celui de Mariánska hora à Levoča. Ce sanctuaire, le plus populaire du pays, abrite une église franciscaine élevée au rang de basilique par Jean Paul II en 1995.
Sur les pas de Jean Paul II?
Le voyage du pape polonais, en 1995, a été un moment fort pour ce pays peuplé pour 65,8% de la population de catholiques. Il s’était rendu à Nitra, haut lieu de la résistance catholique au communisme où se trouve le premier monastère de l’histoire du pays. Le moment le plus important du voyage du Polonais avait cependant été sa visite dans le second archidiocèse du pays, Košice. Jean Paul II y avait canonisé trois martyrs dits “de Košice”, victimes de la répression calvinistes au XVIIe siècle.
Enfin, le pape François pourrait tout à fait suivre les pas du 264e pontife en se rendant à Prešov, siège métropolitain de l’Église grecque-catholique slovaque. Cette église orientale, en pleine communion avec Rome, compte environ 200’000 fidèles en Slovaquie, ainsi qu’environ 2.000 fidèles au Canada.
Une rencontre avec des Roms ?
Le pape pourrait aussi s’écarter des pas de son prédécesseur et se rendre, comme à son habitude, dans certaines “périphéries” où on ne l’attend pas. Un lieu a été cité à plusieurs reprises dans différents médias nationaux, celui de Lunik IX, un quartier très pauvre de la banlieue de Košice qui abrite une des plus grandes communautés Rom d’Europe centrale.
Le député-maire de la circonscription, Marcel Šaňa, affirme être au courant de la rumeur et s’est déclaré prêt à aménager le terrain de football du quartier pour accueillir le pontife. « Même s’il ne dit que quelques mots à notre peuple, croyez qu’il tombera sur un terrain fertile », a insisté l’homme politique. (cath.ch/imedia/cd/mp)