“Bon dimanche à tous, merci beaucoup” a déclaré le pape François brièvement descendu en chaise roulante sur la place Saint Pierre pour saluer les participants à la fin de la messe du jubilé des malades, le 6 avril 2025. C’est la première fois qu’il apparaissait en public depuis sa sortie de l’hôpital Gemelli le 23 mars 2025.
Toujours porteur de deux canules dans le nez pour assurer son alimentation en oxygène, le pape est descendu en chaise roulante lors de la bénédiction finale du jubilé des malades où il a prononcé une très brève salutation avant de repartir rapidement non sans avoir salué les quelques personnes présentes sur le podium de l'autel.
Se sentir faible dépendant des autres
Dans son homélie pour le Jubilé des malades, lue par le cardinal Fisichella qui présidait l’eucharisitie, le pape évoque l'expérience de "se sentir faible, de dépendre des autres".
"Avec vous […], je partage beaucoup en ce moment de ma vie: l’expérience […] de se sentir faible, de dépendre des autres", écrit le pape François dans son homélie préparée pour le Jubilé des malades et du monde de la santé. Le texte du pape, actuellement en convalescence après une grave infection respiratoire, a été lu par Mgr Rino Fisichella, pro-préfet du dicastère pour l’Évangélisation.
Quelque 20’000 pèlerins de 90 pays sont venus à Rome ce weekend pour le Jubilé des malades et des professionnels de santé, organisé dans le cadre de l’Année sainte 2025. L’évènement s’est tenu en l’absence du pape François, qui ne s’est pas montré en public depuis son retour à sa résidence Sainte-Marthe le 23 mars. Après cinq semaines d’hospitalisation, le corps médical a recommandé au pape deux mois de repos.
"À quelques mètres de nous, le pape François, dans sa chambre à Sainte Marthe, nous est particulièrement proche et participe à cette eucharistie à travers la télévision, comme de nombreux malades, et de nombreuses personnes fragiles", a déclaré pendant la messe de ce dimanche le représentant du pape, Mgr Rino Fisichella. Une salve d’applaudissements a salué ces paroles parmi la foule.
La maladie est "l’une des épreuves les plus difficiles de la vie"
Dans son homélie lue par l’archevêque italien, le pontife s’est associé à la condition des malades: "Avec vous, chers frères et sœurs malades, je partage beaucoup en ce moment de ma vie: l’expérience de la maladie, de se sentir faible, de dépendre des autres en bien des choses, d’avoir besoin de soutien", a-t-il confié, confessant que "ce n’est pas facile".
Le pontife a reconnu que "la maladie est certainement l’une des épreuves les plus difficiles de la vie, au cours de laquelle nous touchons du doigt à quel point nous sommes fragiles". "Elle peut nous faire nous sentir […] sans espérance pour l’avenir", a glissé François.
Mais pour le chef de l’Église catholique, la maladie est «une école où nous apprenons chaque jour à aimer et à nous laisser aimer, sans exiger et sans rejeter, sans regretter et sans désespérer". Il a incité les malades à être reconnaissants pour le bien qu’ils reçoivent et "abandonnés et confiants pour ce qui doit encore venir".
"Même dans ces moments-là, Dieu ne nous laisse pas seuls", a assuré le pape François. Et de lancer: "La chambre d’hôpital et le lit de l’infirmité peuvent être des lieux où l’on peut entendre la voix du Seigneur qui nous dit aussi: 'Voici que je fais une chose nouvelle: elle germe déjà, ne la voyez-vous pas?’".
S’adressant également aux médecins, infirmiers et membres du personnel de santé, le pontife les a enjoints à devenir des "anges" et des "messagers" de la présence de Dieu. Il a engagé à laisser tomber les apparences, pour se concentrer sur ce qui compte: les petits et grands gestes d’amour.
Donnant l’exemple du "très beau témoignage de sérénité" de Benoît XVI pendant sa maladie, le pape a cité son prédécesseur pour affirmer qu’ “une société qui n’arrive pas à accepter les souffrants […] est une société cruelle et inhumaine”. Le pontife a demandé aux fidèles de ne pas reléguer "ceux qui sont fragiles à l’écart de notre vie, comme le fait malheureusement parfois aujourd’hui un certain type de mentalité". "N’excluons pas la douleur de notre environnement. Faisons-en plutôt une occasion de grandir ensemble", a-t-il exhorté.
Une sortie qui donne un double message
Cette sortie du pontife se voulait être une démarche de pèlerinage jubilaire en union avec les malades, a indiqué le Bureau de presse du Saint-Siège par la suite. Avant de saluer les pèlerins, le pape s’est confessé dans la basilique Saint-Pierre, s’est recueilli en prière et a franchi la «Porte sainte» – comme il est de coutume pendant les jubilés à Rome.
En effectuant cette sortie inattendue, le pape a envoyé «un double message», estime une source vaticane consultée par I.MEDIA. D’une part, «il participe en tant que malade au Jubilé des malades». D’autre part, se montrer pendant un évènement public diffusé en direct signifie qu’il va mieux. Et de glisser: «Il a pu prendre un petit bain de foule pour la première fois depuis environ deux mois».
Il s’agissait de la deuxième apparition publique du pontife argentin depuis le début de sa pneumonie. Hospitalisé à la polyclinique Gemelli de Rome le 14 février, et sorti le 23 mars pour sa convalescence, il ne s’est montré que le jour de sa sortie d’hôpital, d'un balcon de l’établissement. Depuis son retour à Sainte-Marthe, le pape est au repos, il ne reçoit pas de visite officielle, et il suit une physiothérapie motrice et respiratoire.(cath.ch/imedia/ak/mp)