Après le report, à une date encore à définir, de son voyage en République démocratique du Congo (RDC) et au Soudan du Sud, le pape François a voulu consoler la communauté congolaise de Rome, en célébrant dimanche 3 juillet 2022 une messe à leur intention en la basilique Saint-Pierre.
Au même moment dans la capitale congolaise, envoyé spécialement par François pour le représenter, le cardinal Pietro Parolin célébrait la messe avec les fidèles de Kinshasa. Le renvoi du voyage du pape, jusque-là vécu comme un moment de déception, s’est transformé en «un moment de consolation du Saint-Père envers le peuple congolais, qui reste dans l’attente de sa visite», commente ainsi l’abbé Sylvestre Adesenge, aumônier de la communauté congolaise catholique de Rome, et un temps de communion entre les communautés congolaises de Rome et Kinshasa.
«J’aurais dû partir aujourd’hui pour un pèlerinage de paix et de réconciliation vers vos terres», déclare le pape François aux fidèles de la RDC et du Soudan du Sud dans un message vidéo diffusé le 2 juillet 2022, date qui devait marquer le début de son voyage apostolique en Afrique. Son report, sans nouvelle date pour le moment, avait été annoncé le 10 juin.
Les violences à l’Est de la RDC
«Le Seigneur sait combien mon regret est grand d’avoir été contraint [pour des raisons de santé, mais aussi, selon des sources diplomatiques, en raison de l’insécurité à Goma, ndlr] de reporter cette visite tant désirée et attendue. Mais ne perdons pas confiance et espérons nous retrouver au plus vite, dès que possible», déclare le pape dans ce message dans lequel il assure porter dans sa prière les souffrances de ces peuples.
«Je pense à la République Démocratique du Congo, à l’exploitation, à la violence et à l’insécurité qu’elle endure, particulièrement dans l’Est du pays, où les affrontements armés se poursuivent, causant des souffrances innombrables et dramatiques, exacerbées par l’indifférence et la complaisance de beaucoup», déclare le pape François, qui devait se rendre dans la capitale Kinshasa mais aussi à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, particulièrement affectée par les violences.
Le Soudan du Sud, «épuisé par la violence et la pauvreté»
Le pape François exprime aussi sa proximité «au Soudan du Sud, au cri de paix de son peuple qui, épuisé par la violence et la pauvreté», qui attend des faits concrets du processus de réconciliation nationale «auquel je souhaite contribuer, non pas seul mais dans un pèlerinage œcuménique avec mes deux chers frères: l’archevêque de Canterbury et le modérateur de l’Assemblée générale de l’Église d’Écosse», rappelle-t-il.
Le pape insiste sur la responsabilité des politiques de «tourner la pagepour ouvrir de nouvelles voies de réconciliation et de pardon, de coexistence sereine, de développement». «C’est une mission qu’il faut assumer en regardant ensemble vers l’avenir, vers les nombreux jeunes qui peuplent vos terres luxuriantes et blessées, les comblant de lumière et d’avenir. Ils rêvent et méritent de voir ces rêves se réaliser, de voir des jours de paix: pour eux, en particulier, il faut déposer les armes, vaincre les rancunes, écrire de nouvelles pages de fraternité», martèle le pontife. Dans l’attente de pouvoir venir personnellement, le pape François a envoyé sur place le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, qui devait notamment rencontrer le 2 juillet 2022 à Kinshasa le président congolais Félix Tshisekedi. (cath.ch/imedia/cv/be)