Montevideo, 8 mai (APIC) Le pape Jean Paul II a demandé des réformes
politiques profondes en Pologne et désigné la grève comme un moyen légitime
de défense de la justice sociale. L’absence de liberté et d’une vraie
démocratie est le problème central en Pologne, a dit le pape samedi 7 mai
lors d’une conférence de presse donnée dans l’avion qui le conduisait en
Uruguay. Des changements économiques, mais surtout politiques sont
nécessaires pour surmonter la crise en Pologne, a-t-il ajouté.
Dès le début de son 37ème voyage à l’étranger, qui le conduira aussi en
Bolivie, au Pérou et au Paraguay, le pape a affirmé que les problèmes en
Pologne ne pourraient pas être réglés par la force, mais uniquement par un
dialogue entre le gouvernement et toutes les puissances économiques du
pays. Le peuple polonais a un droit à l’autodétermination et chacun a droit
au dialogue dans la société.
Le pape a souligné que la crise en Pologne, si elle est avant tout un
problème polonais, concerne aussi la communauté internationale. A propos de
la politique de réforme du chef du Parti en Union Soviétique, M. Mikhail
Gorbatchev, le pape a ajouté que jusqu’à aujourd’hui plus de réformes ont
été projetées qu’entreprises. Dans un système par nature autoritaire et
dictatorial il n’est pas facile d’instaurer une démocratie. Le pape a
désigné les relations avec l’URSS comme une "dictature du Parti". Jusqu’ici
il n’a aucune raisons de ne pas faire confiance à M. Gorbatchev.
Au Paraguay les évêques ont adopté une "attitude juste" en se comportant
selon ses instructions, a déclaré le pape. Il a ajouté qu’il
s’entretiendrait de réformes politiques avec le dictateur Alfred
Stroessner, au pouvoir depuis 1954. (apic/kna/cor)