Le pape François a décrété la délocalisation d’une partie des archives du Vatican au séminaire de Rome. L’objectif de cette opération est de «contribuer à la gestion plus efficace des activités et à la conservation des biens».
"Je décrète que soient agrandis les espaces dont disposent les Archives et la Bibliothèque apostoliques, en utilisant une partie du bâtiment et de l’environnement qui, dans la zone extraterritoriale de Saint-Jean-de-Latran, abrite le Grand Séminaire pontifical romain", indique le pape François dans un chirographe daté du rendu public le 12 novembre 2024. L’objectif de cette opération est de «contribuer à la gestion plus efficace des activités et à la conservation des biens».
«Le soin séculaire pour la conservation des actes et des documents concernant le gouvernement de l’Église universelle, ainsi que l’engagement pour le développement et la diffusion de la culture, sont les traits caractéristiques de l’activité des Archives et de la Bibliothèque du Vatican", relève le pape François. Il estime que "les deux institutions sont aujourd’hui appelées à rendre accessible ce précieux patrimoine".
Il invite donc ces deux institutions à collaborer pour ce processus de travaux et de déménagement, en suivant les directives édictées «pour une exécution ordonnée de cette œuvre indispensable que le Siège de Pierre met au service de l’Église et du monde de la culture».
Le pape François demande également, avec effet immédiat, la mise en place d’une "commission composée de représentants de la Secrétairerie d’État, des Archives apostoliques du Vatican et de la Bibliothèque vaticane, afin de déterminer les catégories de documents à transférer dans les nouvelles salles". Aucun délai n’est toutefois précisé pour la mise en œuvre de ce projet, ni aucune précision sur les personnes qui seront habilitées à consulter les Archives.
Ouvertes aux historiens sur recommandation
Seuls des historiens peuvent les consulter, en en faisant la demande au préfet des Archives, pour une durée d’accès maximale de trois mois, et renouvelable si besoin. Ils doivent fournir de nombreuses pièces justificatives : l’obtention de la carte d’admission nécessite une lettre de recommandation d’un institut reconnu ou d’une personnalité qualifiée, et le thème de la recherche doit être précisé. Un niveau universitaire d’au moins Bac + 5 est requis. Par ailleurs, compte tenu du manque d’espace et de personnel, le nombre de visiteurs est fixé à un seuil maximal de 60 personnes par jour.
Pour le moment, les Archives se trouvent dans la cour du Belvédère, à l’intérieur du Vatican. Juqu’à présent, chaque chercheur doit réserver un créneau précis pour ses visites, mais le site internet des Archives indique que l’accès à la salle d’études pourra se faire sans réservation à partir du 7 janvier 2025. Le seuil maximal de 60 visiteurs et la carte d’admission demeurent toutefois en vigueur. Au total, environ 1500 historiens s’y rendent chaque année.
Le décret du pape laisse comprendre sa volonté de rendre ces documents accessibles à un plus grand nombre, sur des espaces plus vastes, et dans une relative rupture avec la tradition de discrétion voire de mystère entourant cette documentation. Dans un motu proprio du 22 octobre 2019, il avait rebaptisé les "Archives secrètes vaticanes" en "Archives apostoliques vaticanes", exprimant ainsi une certaine volonté d’ouverture.
Quelques mois plus tard, le 2 mars 2020, l’ouverture des archives concernant le pontificat de Pie XII (1939-1958) avait été saluée comme un effort de transparence du Vatican sur l’histoire de la papauté. Malgré la pandémie de Covid-19 qui avait provoqué quelques difficultés dans l’accès aux archives, cette ouverture a déjà permis la diffusion de plusieurs ouvrages livrant un regard critique nouveau et documenté sur le pape qui régna durant la Seconde guerre mondiale. (cath.ch/imedia/cv/mp)