À l’heure du "contre-développement" dont pâtissent certaines régions du monde, le consultant peut faire beaucoup, a affirmé le pape François en recevant le 22 septembre 2022 une délégation du cabinet d’audit et de conseil Deloitte, qui a été impliqué dans la réforme des méthodes de gestion de la Curie.
Durant l’audience dans la Salle Paul VI du Vatican, le pape a souligné la grande responsabilité des 350.000 conseillers de la firme internationale. Le chef de l’Église catholique a évoqué leur "pouvoir" d’influencer et d’orienter les choix des entreprises et des organismes qui font appel à eux, qu’ils soient locaux, nationaux ou supranationaux.
Évoquant l’enchaînement des graves crises de ces quinze dernières années, de la crise financière de 2007 à la guerre en Ukraine, en passant par la pandémie, le pape s’est inquiété particulièrement du sort de la planète qui "a continué à souffrir à cause des effets du changement climatique" ainsi que des guerres "cruelles et cachées" dans diverses régions. Et de dénoncer : "Tandis qu’une partie des hommes et des femmes amélioraient leur vie quotidienne, une autre partie pâtissait de choix sans scrupules, devenant les principales victimes d’une sorte de contre-développement".
Un consultant peut contribuer à "inverser ou au moins corriger la tendance", il peut faire beaucoup pour proposer de nouvelles orientations, a-t-il estimé. À condition toutefois de constituer une nouvelle génération de consultants, recherchant le développement humain intégral.
Le pape les a exhortés à construire un pont entre le paradigme économique actuel, "basé sur la surconsommation, et qui vit sa dernière phase", et le paradigme "structuré sur l’inclusion, la sobriété, le soin et le bien-être". Il s’agit de réorienter la façon d’habiter "notre planète que nous avons rendue malade", a-t-il ajouté.
Pour toute évaluation de ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, le pontife de 85 ans a recommandé aux consultants de se laisser guider par cette question : "Quel monde voulons-nous laisser à nos enfants et nos petits-enfants ?". (cath.ch/imedia/ak/mp)