"il faut faire grandir la solidarité"
Rome, 20décembre(APIC/CIP) Le pape Jean Paul II a reçu le 19 décembre les
évêques polonais des provinces ecclésiastiques de Gniezno, Varsovie et Poznan, venus à Rome pour leur visite quinquennale ("Ad limina") au Vatican.
Dans son discours Jean Paul II a mis l’accent sur le rôle des laïcs
catholiques dans l’Eglise et dans la société. "L’héritage apostolique
appartient à tous en vertu du baptême et de la confirmation", a dit le
pape. "Tous, en fait, participent à la mission du Christ : prêtres,
prophètes, rois", a-t-il ajouté.
"Les laïcs catholiques , hommes et femmes, membres de plein droit de
l’Eglise, sont appelés à la sainteté et à l’apostolat, à devenir dans le
monde le sel de la terre et la lumière du monde. Cela signifie que dans
tous les domaines de la vie personnelle, familiale et sociale, particulièrement dans le milieu de travail, ils doivent être les témoins du Christ
et mettre en pratique les principes évangéliques de justice et de solidarité."
"Transmettre des raisons de vivre"
"A la lumière du récent synode des évêques, a poursuivi le pape, on peut
dire que les prêtres seuls ne seront pas capables de réaliser leur tâche
sans la participation des laïcs, sans leur collaboration au niveau de la
paroisse et au niveau du diocèse. Les laïcs catholiques, bien préparés,
experts dans divers domaines de la connaissance, peuvent exercer des
fonctions qui n’exigent pas la présence directe des prêtres."
Les associations des laïcs catholiques et les mouvements "authentiquement ecclésiaux" peuvent jouer "un grand rôle", a relevé le pape. "Il
s’agit d’une chose particulièrement importante pour que les laïcs catholiques, se rendant davantage compte de leur identité chrétienne, cherchent
une réponse aux nouveaux défis que nous pose le monde contemporain : l’indifférentisme, l’incroyance, l’athéisme, le matérialisme, le matérialisme
pratique, la misère matérielle et morale, la corruption, l’injustice, la
violation des droits de la personne humaine, etc."
"Beaucoup de gens en Pologne, en particulier des laïcs catholiques,
s’adressent aujourd’hui à l’Eglise avec confiance et avec l’espoir de trouver en elle, a souligné le pape, non seulement de la compréhension mais
aussi la possibilité de réaliser leur vocation humaine et chrétienne."
Parlant de l’Eglise comme "experte en humanité", Jean Paul II a reaffirmé ce qu’il avait déclaré lors de son 3ème voyage en Pologne, ou il
s’était d’ailleurs référé à la constitution pastorale du Concile Vatican II
sur l’Eglise dans le monde de ce temps. "Il faut louer la manière de faire
de ces nations dans lesquelles la majorité des citoyens participent à la
gestion des affaires publiques dans un climat de vraie liberté", a relevé
le pape. "Afin que tous les citoyens soient appelés à participer à la vie
des différents groupes qui composent le corps social, il est nécessaire
qu’ils trouvent dans ces groupes des valeurs capables de les attirer et de
les préparer au service des autres. Légitimement, on peut penser que l’avenir de l’humanite se trouve dans les mains de ceux qui sont capables de
transmettre aux générations de demain des raisons de vivre et d’espérer."
"Cette grande tâche, a poursuivi le pape, vaut aussi pour l’Eglise en
Pologne et pour ses pasteurs."
"Personne ne peut se substituer à la nation
Se référant à nouveau à la constitution conciliaire sur l’Eglise dans le
monde de ce temps, Jean Paul II a encore rappelé que l’Eglise "qui ne se
confond d’aucune manière avec la communauté politique" est le "signe" et la
"garantie" du caractère transcendant de la personne humaine. "La
souveraineté de l’Etat correspond à la pleine vérité sur la personne et sur
la société uniquement à la condition que dans cet Etat la nation retrouve
sa propre souveraineté, qu’elle se sente et soit le vrai sujet qui décide
de ce qui est commun. En ce qui concerne cette décision, personne ne peut
se substituer à la nation."
"Cette nation est trop habituée à la "participation", comme dit le concile. " Enfin, le pape a parlé de la "solidarité" de Dieu. "Le Verbe Incarné a voulu participer à la convivialité humaine", a-t-il dit, avant de
conclure : "il faut que cette solidarité grandisse jusqu’au jour ou les
hommes, sauvés par la grâce, rendront parfaitement gloire à Dieu comme famille aimée de Dieu et du Christ frère". (apic/jt/be)
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