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    Les habitants du Sahel souffrent toujours plus de la sécheresse © Roberto Simona

    Le pape appelle à se mobiliser pour le Sahel

    «Œuvrez pour la sécurité, la justice, la paix au Sahel!» a demandé le pape François aux responsables politiques et économiques, dans un message adressé le 10 mai 2024 au cardinal Michael Czerny, préfet du Dicastère pour le Service du développement humain intégral. Ce texte a été lu à l’occasion d'un congrès sur la Désertification et sécheresse.

    A l'occasion du 40e anniversaire de la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel, les ambassades du Burkina Faso et du Sénégal ont organisé un congrès sur le thème Désertification et sécheresse, faire face aux menaces mondiales croissantes. La réunion internationale a eu lieu à la Casina Pio IV, le siège de l’Académie pontificale des Sciences.

    Rendant hommage à son prédécesseur saint Jean-Paul II, le pape François a évoqué «sa voix suppliante et pleine de sollicitude qui retentit encore aujourd’hui pour les personnes pauvres et vulnérables du Sahel». Il a aussi mentionné «la voix des pères et des mères qui ont vu leurs enfants mourir sans comprendre, ou qui verront toujours dans leurs enfants les séquelles de la faim et de la soif qu’ils ont endurées», citant l’homélie du pontife polonais prononcée le 10 mai 1980 à Ouagadougou, capitale de la Haute-Volta, pays qui allait prendre le nom de Burkina Faso quatre ans plus tard.

    C’est de cette première tournée africaine du pontife polonais qu’est née la Fondation portant son nom, instituée le 22 février 1984. Désormais rattachée au dicastère pour le Service du développement humain intégral, elle vise à «améliorer la situation humanitaire et sociale des populations sahéliennes», rappelle François, qui exhorte à «répondre au cri silencieux des innombrables pauvres à travers le monde, en particulier au Sahel, afin de leur donner une voix, de les défendre et de se solidariser avec eux devant tant d’hypocrisie et tant de promesses non tenues».

    La paix et le développement, deux thèmes liés

    Sans mentionner de pays en particulier, mais en présence de représentants du Mali et du Burkina Faso, deux pays particulièrement éprouvés par les violences, le pape a rappelé que «certains pays de cette région de l’Afrique de l’Ouest traversent encore des crises qui menacent de plus en plus la paix, la stabilité, la sécurité et le développement».

    François a précisé que «la migration des jeunes» est due aux «phénomènes liés au terrorisme, à la précarité économique, au changement climatique et aux luttes intercommunautaires, qui aggravent la vulnérabilité des États et la pauvreté des citoyens». Il a assuré que «ce contexte rend la tâche de la Fondation de plus en plus difficile mais de plus en plus indispensable».

    «Faisant écho aux cris du cœur du saint pape Jean-Paul II, je réitère aujourd’hui son appel à toutes les personnes de bonne volonté à travers le monde: œuvrez pour la sécurité, la justice, la paix au Sahel!» a insisté François, appelant tous les responsables politiques et économiques du monde à se mobiliser activement en faveur de la paix et du développement de cette région du monde souvent oubliée et peu médiatisée.

    La lutte contre la sécheresse, une urgence mondiale

    Des représentants de différents organismes humanitaires, parmi lesquels la Caritas ou encore le Programme alimentaire mondial (PAM) ont participé à cette rencontre, qui marquait aussi le 30e anniversaire de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), signée à Paris le 17 juin 2024.

    La secrétaire générale adjointe de cet organisme, Andrea Meza, a expliqué que la lutte contre la sécheresse, qui affecte essentiellement les pays les plus pauvres, doit devenir «une priorité mondiale». Cette diplomate qui fut ministre de l’Environnement du Costa Rica, où elle a œuvré efficacement à la protection de la forêt, a mis en avant le «cercle vicieux entre la dégradation des terres, la sécheresse et la migration forcée».

    Elle a expliqué que des décisions importantes devront être prises lors de la COP16 de cet organisme qui se tiendra cette année à Riyad, en Arabie saoudite. Le royaume wahhabite, qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec le Saint-Siège, était représenté à cette réunion au Vatican par un conseiller de son ambassade en Italie.

    Convergences entre l’Afrique et le Saint-Siège

    L’ambassadeur du Sénégal près le Saint-Siège, Martin Pascal Tine, a exhorté à un «multilatéralisme plus ouvert fermement engagé vers le développement intégral de toute personne». Il a présenté le modèle de la grande muraille verte comme un «symbole supranational» intégrant tous les peuples africains au nom de la «conversion écologique» promue par le pape François.

    Le diplomate sénégalais a par ailleurs souligné la convergence entre les États africains et le Saint-Siège sur la reconnaissance de l’accès à l’eau comme un droit fondamental, rappelé dans le document Acqua Fons Vitae, publié le 30 mars 2020 par le Dicastère pour le Service du développement humain intégral.

    La chanteuse, actrice et mannequin malienne Inna Modja, grande promotrice des droits des femmes et de l’écologie, était présente afin de parler de son documentaire sur la grande muraille verte, réalisé il y a trois ans. (cath.ch/imedia/cv/lb)

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