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    Mgr-Rafael-Zornoza-Boy

    Un évêque espagnol accusé d’abus sur mineur remet sa démission au pape

    «Le pape Léon XIV a accepté la renonciation au gouvernement pastoral du diocèse de Cadix et Ceuta, présentée par Mgr Rafael Zornoza Boy», a indiqué le Bureau de presse du Saint-Siège le 22 novembre 2025. La cause de sa renonciation n’est pas spécifiée, mais l’évêque de 76 ans, qui avait donc déjà dépassé l’âge de la retraite canonique, est accusé d’abus sur mineur.

    L’affaire a éclaté le 10 novembre dernier, lorsque le journal El País avait révélé que le Saint-Siège avait ordonné une enquête à l’encontre de l’évêque de Cadix après qu’en été dernier, un plaignant a envoyé une lettre au dicastère pour la Doctrine de la Foi, en charge d’aborder les cas de pédocriminalité commis par des clercs.

    La situation remonterait à 1994, lorsque l’homme ayant porté plainte avait 14 ans. Les faits se seraient produits à l’époque où le futur évêque était recteur du séminaire du diocèse de Getafe. Les abus se seraient poursuivis pendant sept ans au sein même du centre de formation où le plaignant avait été admis.

    Cette accusation à l’encontre de Mgr Zornoza a suscité un grand retentissement en Espagne où il s’agit du premier cas d’accusation d’abus sur mineur portée directement à l’encontre d’un évêque. L’affaire avait parasité la récente assemblée plénière de la conférence épiscopale espagnole, conduisant les membres de la commission exécutive de cet organisme à s’en entretenir directement avec le pape.

    Une affaire confiée à la Rote romaine

    Le média espagnol Vida Nueva indique qu’une première analyse à la Doctrine de la Foi avait confirmé la vraisemblance du récit décrit dans la lettre. Rome a alors confié l’instruction et le jugement du cas à l’archevêque de Séville, Mgr José Ángel Saiz Meneses. Toutefois, pour éviter tout soupçon de partialité, l’affaire Zornoza a été renvoyée au Tribunal de la Rote, dont le rôle autrefois centré sur les causes de nullité matrimoniale s’est désormais étendu à certaines plaintes liées aux abus. L’examen du dossier en serait encore à une phase initiale. Lors de son audition, l’évêque a protesté de son innocence.

    Les lenteurs du Vatican dans le traitement du dossier ont provoqué une certaine incompréhension en Espagne et surtout dans le diocèse de Cadix où, par ailleurs, la prolongation du mandat épiscopal de Mgr Zornoza au-delà de son 75e anniversaire, le 31 juillet 2024, avait suscité des tensions. De nombreuses voix critiques s’étaient exprimées sur son mode de gouvernement de ce diocèse.

    Le pape entre prudence et fermeté

    Interpellé sur ce sujet dans la soirée du 18 novembre par les journalistes qui l’attendaient à la sortie de sa résidence de Castel Gandolfo, le pape s’était montré prudent, en répondant qu’il y a «pour chaque cas, une série de protocoles qui sont clairement établis». Dans ce cas précis, l’évêque «a insisté sur son innocence», avait rappelé le pontife, qui est canoniste et invite constamment au respect des temps de la justice de l’Église. Néanmoins, «une enquête s’est ouverte, il faut que l’enquête suive son cours, et selon les résultats, il y aura des conséquences», avait assuré Léon XIV.

    Nomination d’un administrateur apostolique

    Les conséquences ont donc été relativement rapides, au regard du scandale suscité en Espagne par cette affaire. Son remplaçant comme évêque de Cadix n’a pas encore été nommé, mais Vida Nueva indique que le pape a nommé un administrateur apostolique en la personne de Mgr Ramón Darío Valdivia Giménez, évêque auxiliaire de Séville. «Le fait que le pontife lui-même ait désigné ce pasteur 'provisoire’ montre combien le Saint-Siège a pris les rênes d’une affaire qu’il juge grave», précise le média espagnol.

    Au-delà de ce cas précis, la question des abus sur mineur demeure une question brûlante en Espagne, où les relations entre l’Église et l’actuel gouvernement de gauche sont tendues. En octobre 2023, une commission d’enquête du Parlement espagnol avait estimé, sur la base d’un sondage, que 440’000 personnes pouvaient être comptabilisées comme victimes d’abus dans le cadre d’institutions religieuses catholiques durant leur enfance.

    Mgr Zornoza avait été nommé évêque auxiliaire de Getafe en 2005 par Benoît XVI, qui l’avait ensuite promu, en 2011, évêque de Cadix. Ce diocèse comptant environ 200 prêtres pour près de 800’000 habitants couvre l’extrême pointe sud de l’Espagne et inclut également les huit paroisses de Ceuta, enclave espagnole située du côté marocain, qui constitue un reliquat de l’ex-empire colonial espagnol. Les paroisses de l’autre enclave, Melilla, sont pour leur part rattachées au diocèse de Grenade. (cath.ch/imedia/cv/bh)

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