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    Aung San Suu Kyi © DFIF-UK/Flickr/CC BY-NC-ND 2.0

    Le pape a proposé de donner l'asile au Vatican à Aung San Suu Kyi

    « J’ai demandé la libération de Mme Aung San Suu Kyi », a déclaré le pape François dans un entretien accordé à des jésuites indonésiens à Jakarta le 4 septembre dernier, publié dans la revue jésuite italienne La Civilta Cattolica le 24 septembre 2024.

    Le pape a a confie avoir proposé d’offrir l’asile à l’ancienne cheffe d’État birmane, maintenu en prison par la junte depuis le putsch militaire de 2021. I.MEDIA revient aussi sur les autres déclarations importantes du pontife lors des trois entretiens qu’il a accordés aux membres de la Compagnie de Jésus à l’occasion de son voyage en Asie-Océanie.

    Le 1er février 2021, un coup d’État militaire a renversé le pouvoir birman et la dirigeante Aung San Suu Kyi, plongeant le pays dans le chaos. Depuis le début de ces événements, le pape François a régulièrement lancé des appels à la paix pour ce pays qu’il a visité en 2017. Il a aussi souvent plaidé en faveur des Rohingyas, une ethnie majoritairement musulmane du Myanmar qui y est persécutée.

    Le sujet a été une nouvelle fois abordé le 4 septembre lors d’une rencontre avec des membres de la province jésuite d’Indonésie à Jakarta. Répondant à un jésuite birman qui l’interrogeait sur le chemin à suivre dans son pays, le pape a reconnu que la situation y est « difficile ». Il a ensuite spontanément évoqué le sort de l’ancienne Première ministre, Aung San Suu Kyi, qui est maintenue aujourd’hui «en prison» par la junte au pouvoir.

    Décrivant la récipiendaire du prix Nobel de la Paix 1991 comme un « symbole », le pontife a insisté sur l’importance de la défendre, expliquant avoir demandé sa « libération », notamment en proposant de lui offrir l’asile sur le territoire du Vatican. Il a aussi confié avoir reçu son fils à Rome.

    Tout en reconnaissant qu’il n’existe pas de « réponse universelle » à la situation en cours, le pape François a plaidé pour le respect de l’« ordre démocratique ». Il a enjoint les catholiques birmans à ne « pas rester silencieux » et leur a donné pour exemple le courage de sœur Ann Nu Thawng, religieuse birmane dont la photo à genoux devant les forces de police en 2021 avait fait le tour du monde.

    Le courage d’Asia Bibi

    Un autre jésuite indonésien a interrogé le pape François sur le sort des catholiques persécutés au Pakistan. Le pontife a répondu que «  le chemin du chrétien est toujours le chemin du ‘martyre’, c’est-à-dire du témoignage ». Il a encouragé à témoigner « avec prudence et avec courage », mettant en garde contre une « prudence pusillanime » qui témoignerait d’un « petit cœur ».

    Le pape François a donné en exemple la figure d’Asia Bibi, jeune catholique du Pakistan « qui a été laissée en prison pendant près de dix ans ». « J’ai rencontré sa fille, qui lui apportait secrètement la communion », a-t-il confié, louant son « témoignage courageux pendant tant d’années ».

    Comment le pape prie tous les matins

    Interrogé sur son rapport à la prière, le pontife a déclaré que ce n’était pas difficile pour lui parce qu’il en avait « vraiment besoin ». Il a ensuite détaillé comment s’organisait sa journée du point de vue spirituel: « Je me lève tôt, parce que je suis vieux. Après m’être reposé, ce qui me fait du bien, je me lève vers 4 heures, puis à 5 heures je commence à prier : je dis le bréviaire et je parle au Seigneur. Si la prière est un peu, disons, « ennuyeuse », je dis le rosaire. Ensuite, je vais au Palais pour les audiences ».

    Le pape a expliqué célébrer aussi chaque jour l’Eucharistie, et prendre un temps de prière le soir. «  Il m’arrive de m’endormir dans la prière », a-t-il reconnu, affirmant que ce n’est « pas un problème » selon lui, parce qu’il y voit « un signe » qu’il est « bien avec le Seigneur ».

    Le pape souhaite la canonisation de Matteo Ricci

    Lors de la rencontre avec les membres de la province de Malaisie et Singapour le 11 septembre 2024, le pape François a enfin confié qu’il voulait voir avancer la cause de canonisation de Matteo Ricci, missionnaire jésuite en Chine au XVIe siècle. La veille, devant des jésuites du Timor oriental, il avait loué le « style » missionnaire des jésuites dans l’Empire du Milieu, notamment l’intégration des cultures locales selon un processus d’inculturation de la foi. Ce processus, dont le père Matteo Ricci avait été un pionnier, avait à l’époque suscité la « Querelle des cultes », grand débat qui aboutit finalement au rejet par le Saint-Siège des méthodes des jésuites au XVIIIe siècle.

    C’est une « grande figure », a déclaré le pape François à propos de Matteo Ricci, enjoignant à prier pour que « la canonisation ait lieu ». Le pape a approuvé un décret publié le 17 décembre 2022 qui reconnaît Matteo Ricci comme « vénérable », première étape avant la béatification, puis la canonisation. L’Église catholique, par l’intermédiaire du dicastère pour les Causes des saints, devra reconnaître deux miracles attribués à son intercession pour le reconnaître comme saint. (cath.ch/imedia/cd/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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