Le pape a convoqué mardi les présidents (011292)
Vers une nouvelle structure de concertation ?
Rome, 1erdécembre(APIC) Un an quasiment jour pour jour après l’ouverture
de l’assemblée spéciale du Synode des évêques pour l’Europe, qui s’était
tenue du 28 movembre au 14 décembre 1991, le pape a convoqué mardi 1er décembre les présidents des Conférences épiscopales d’Europe pour une journée
d’échanges et de travail. Objet: faire le point sur une nouvelle structure
de concertation.
Selon le porte-parole du Vatican, J. Navarro Valls, ce sommet, convoqué
par Jean Paul II, devait permettre "l’exécution des intentions de cette assemblée en vue d’offrir de meilleures opportunités pour l’évangélisation du
continent dans la situation créée par les événements des dernières années".
Le thème, a précisé de son côté le cardinal Hans Hermann Groër, archevêque
de Vienne, en est également "l’unité des Eglises d’Europe autour du pape".
Il s’agit en fait, non d’une "intention de l’assemblée" (les évêques
présents n’ont rien demandé de tel), mais d’une suggestion du pape de mettre en place une "nouvelle structure" pour coordonner les efforts en vue de
l’évangélisation de l’Europe. Sous-entendu: en lieu en place de celle qui
existe actuellment, à savoir le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE) ?. Ce qui, selon certains observateurs, signifierait une remise
en cause du travail effectué par le CCEE et de l’orientation donnée par sa
présidence, actuellement le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan.
Le CCEE est un organisme créé par les épiscopats du continent au lendemain du Concile pour être "au service de la collaboration collégiale entre
les évêques" et qui collabore très étroitement avec la Conférence des
Eglises Européennes (KEK), organe de concertation des Eglises non-catholiques (orthodoxes, protestantes, anglicane, vieille-catholique...).
C’est dans son discours de clôture de l’assemblée synodale que le pape
avait annoncé, à l’étonnement de beaucoup, la mise en place d’une commission chargée d’examiner la question, comprenant notamment les trois présidents de l’assemblée nommé par le pape (les cardinaux Glemp, Lustiger et
Martinez Somalo). Depuis, le CCEE continue son travail, comme on le lui a
demandé. Le pape de son côté a attendu un an, le temps de recueillir des
suggestions.
A son retour de synode, le cardinal Danneels avait jugé bienvenue la
création d’un nouvel organisme, qui pourrait être une sorte de Conseil permanent du Synode pour l’Europe, de même qu’on s’attend à la création d’un
organisme semblable pour l’Afrique, avait-il expliqué. Lorsqu’un Conseil
permanent du synode pour l’Europe sera créé, il constituera une structure
très proche des organes centraux de décision, avait ajouté le cardinal belge. L’archevêque de Malines-Bruxelles reconnaissait néanmoins que, du même
coup, le CCEE ne pourrait alors jouer qu’un rôle officieux, bien qu’il soit
une émanation collégiale des différents épiscopats du continent. Il observait que ce statut lui laissait, en revanche, une marge appréciable de liberté. (apic/cip/vg).